0. Considérations préalables

Compte tenu des coûts, du rendement et des finalités, les conditions de réalisation du Dictionaire critique (D.C.) électronique ont été clairement établies: la délimitation stricte des objectifs en relation directe avec les contenus du D.C.; une opération supportable en termes de coût humain et de coût chercheur.

Quant aux finalités, elles sont fixées. Il s'agit, d'une part, de pouvoir disposer du texte électronique à mesure de son accroissement sous une forme consultable avec le logiciel WordCruncher. Il s'agit d'autre part, de terminer dans les trois ans la première saisie, la première post-édition et, en annexe du texte électronique, un inventaire statistiquement valable des marqueurs de l'usage dans le D.C.

1. Contenus du D.C.

La longue préface préparée par P. Caron avec la contribution de T.R. Wooldridge et qui accompagne la reproduction en cours du D.C. aux Éditions Max Niemeyer a donné à notre groupement l'occasion de signaler l'ensemble des traits distinctifs de l'oeuvre, dont nous reprenons ici l'essentiel.[1] Outre les marqueurs de l'usage inhérents au projet critique du répertoire (cf. 3.3.), d'autres spécificités méritent mention.

a) Le parti d'innovation graphique, innovation la plus visible, qui a prêté le flanc à la critique.

Dans sa Préface au D.C., Féraud ne dit mot de la prise de conscience qui lui fait prendre le risque considérable d'abandonner la graphie courante du temps, celle des deux éditions de son Dictionnaire grammatical (1761, 1768). Il s'agit bel et bien d'une conversion, le Dictionnaire grammatical prônant encore sans réserve les assises traditionnelles:

Quatre guides doivent nous conduire dans ce labyrinthe, que forment tant de variétés, l'Usage, l'Étymologie, l'Analogie, & la Prononciation. Quand l'usage est constant & universel, il doit tenir lieu de tout, & on n'a pas besoin d'autre règle. Alors ni l'Étymologie, ni la Prononciation, ni l'Analogie ne doivent être écoutées etc. (Édition de 1761, p. v)

En 1787, la préface du D.C. rappelle plutôt l'esprit des réformateurs successifs, en appelant à une adéquation plus étroite de la graphie à la prononciation, critiquant la fidélité aveugle aux langues savantes qui fonde l'orthographe étymologisante, soulignant les difficultés d'une telle graphie pour les étrangers et dénonçant les abus de l'usage. Sa position reste malgré tout prudente:

[L]a Réforme de notre Ortographe est impraticable dans sa totalité; et quand tout le monde s'acorderait à y travailler de concert, ce qui est impossible, on ne pourrait y réussir que par des éforts successifs; et il faudrait plus d'un siècle pour achever l'ouvrage. Mais il est des changemens, qui sont sans inconvéniens, et qui sont aussi faciles qu'utiles; et c'est à ceux là que nous avons borné nos tentatives. [...] Nous faisons seulement, avec modération, à ce qu'il nous semble, et avec tous les ménagemens possibles, des tentatives, que nous croyons utiles, et où d'aûtres n'ont échoué, que parce qu'ils les ont faites sans prudence et sans discrétion. (Préface, p. vii)

Pour la graphie des voyelles, Féraud substitue résolument à la graphie -oi- le digraphe -ai- dans les contextes où il correspond à une prononciation en /E/. Il devance ainsi de quelque quarante ans l'Académie qui n'adoptera cet usage qu'en 1835. Il régularise aussi de façon très conséquente la notation des /E/ en recourant à l'accent grave et à l'accent circonflexe:

Tout e qui précède l'e muet, et qui n'est pas ouvert et long, est un è moyen et doit être marqué de l'accent grâve. (Préface, p. ix)

Ce principe souffre une exception de taille:

On n'a pas encôre étendu cette accentuation aux e suivis d'une double consone, parce qu'on a cru que cette consone redoublée indique assez que l'e n'est ni muet, ni fermé, ni fort ouvert. (Préface, p. viii)

Sur les /E/ ouverts et longs, comme sur la plupart des voyelles orales longues,[2] le circonflexe note la longueur. Cette pratique, simple et rigoureuse, contraste éloquemment avec l'effort notable mais encore chaotique de l'Académie en 1740 et 1762.

Pour la graphie des consonnes, Féraud réduit les géminées inutiles quand l'analogie ne l'interdit pas ou en l'absence d'un homonyme. La suppression des consonnes strictement étymologiques est aussi flagrante. Il reste que ces graphies nouvelles sont présentées en vedette comme des variantes des formes en orthographe traditionnelle.

On peut penser que la décision d'harmoniser l'orthographe et la prononciation a contribué, dans une certaine mesure, à l'obscurité dans laquelle l'oeuvre de Féraud a été tenue, obscurité dont témoigne la non-réédition de l'ouvrage.

b) Le pari critique constitue également, sous la forme systématique que Féraud lui donne, une première.

L'intitulé du dictionnaire nomme excellement les intentions et la réalisation: formuler un jugement personnel sur les travaux existants. Féraud privilégie deux aires d'intervention:
(i) les ouvrages métalinguistiques, régulièrement cités et référencés par le nom de leur auteur, sont l'objet d'une compilation, d'une comparaison et d'un jugement, nuancé mais audacieux, allant même jusqu'à compléter voire corriger la toute puissante Académie Française: J'ose ne pas approuver l'illustre Compagnie, Elle oublie que... Elle ne le mentionne pas... Elle aurait dû ajouter que..., déclare Féraud à maintes reprises;
(ii) les pratiques langagières de son temps. La pédagogie du mauvais usage a ceci de neuf qu'elle explicite tant le bon que le mauvais usage et qu'elle balaye avec minutie le spectre des "parlures", qualifiant un à un vocables et constructions selon le cas de barbare, bas et populaire, tout juste bon pour le burlesque, bon pour la conversation, familier, simple, etc. Les pratiques langagières des auteurs de son temps n'échappent pas à la vigilance de notre Méridional, imperméable aux préjugés bien enracinés des Parisiens à l'égard des parlers provinciaux et, surtout, méridionaux. L'abbé sanctionne ou encense les diverses pratiques sans complaisance: le propos est dosé, parfois déférent, mais reste ferme, comme nous le verrons.

c) La diversité des sources constitue aussi une première.

La liste bibliographique annexée à sa Préface reflète bien les ouvrages lus, entièrement ou par extraits. Les genres et les secteurs d'activité intellectuelle qui y figurent surpassent en nombre ceux couverts par des répertoires antérieurs. C'est ainsi que, par exemple, les journaux sont bien représentés dans les dépouillements et que des auteurs encore considérés comme mineurs sont cités, tels Mercier, Restif de la Bretonne et Linguet.

d) La recherche d'exhaustivité se traduit par la présence récurrente de trois composants dans les articles: description phonétique, lexicographique et Remarques.

Malgré l'usure relative qui se laisse voir entre le début et la fin du dictionnaire -- le travers est bien connu en lexicographie --, il faut souligner la constance et la systématicité fort honorables de Féraud dans le traitement des articles.

Reprenant l'effort déjà novateur du Dictionnaire grammatical de 1761, le D.C. soigne le composant phonétique de ses articles. Y sont fournis: une transcription de type phonétique de la prononciation du mot, des commentaires sur les voyelles longues, sur les timbres multiples des /E/ et sur la prononciation des suites consonantiques ou vocaliques litigieuses. C'est bien Féraud qui fonde la tradition française de la notation systématique de la prononciation et nous offre ainsi la description la plus riche de la phonologie post-classique.

Il faut ici préciser que la disparition rapide de la mention des voyelles brèves (dès la lettre B) et celle, plus étalée, des transcriptions figurées ne sont qu'usure apparente. Dans une étude comparative des deux éditions du Dictionnaire grammatical et du D.C., L. Dagenais (Caron et al. à paraître) montre que le silence du D.C. sur les voyelles brèves respecte simplement le principe formulé dans la Préface et voulant qu'on tienne pour brève toute voyelle dont la longueur n'est pas décrite; quant à la disparition des transcriptions de type phonétique, les tests statistiques montrent à l'évidence qu'en fait c'est l'orthographe réformée du D.C. qui en tient lieu dans les cas où elle suffit à la tâche. En somme, Féraud gagne en assurance et tire parti avec intelligence de son audace de réformateur de l'orthographe.

Dans les autres domaines de la description lexicographique, un effort très neuf d'exhaustivité se laisse voir. Ce scrupule se double, chose rare en son temps, d'un sens aigu de la synchronie, aussi bien dans l'enregistrement de mots nouveaux que dans la mise à jour d'une remarque déjà désuète ou dans l'observation des auteurs du passé.

e) Un modèle et une description de l'usage stratifiés et tolérants.

Le D.C. se signale également par un modèle non monolithique de l'usage. Pour Féraud, le bon usage est celui qui convient à la situation de communication ou au genre visés, d'où la vision stratifiée qu'il décrit avec une finesse qu'aucun répertoire antérieur n'avait même recherchée. La Préface du D.C. en donne un aperçu en-deçà, étonnamment, de la pratique raffinée dont témoigne le répertoire en soulignant l'importance des remarques sur l'usage qui constituent selon lui la partie la plus considérable et la plus intéressante de notre travail:

[Ces Remarques ont pour objet] les diférents Styles et leurs nuances, plus variées peut-être dans la Langue Française que dans aucune aûtre Langue. Car outre le style poétique ou oratoire, le style élevé ou familier, dont on n'a pas toujours distingué les diférentes espèces; il y a le style du Bârreau ou du Palais, où l'on parle une langue toute particulière; le style médiocre ou de dissertation; le style simple ou de conversation, qu'on ne doit pas confondre avec le style familier, qui a un degré de plus d'aisance et de liberté; le style polémique, qui a ses licences, moindres pourtant que celles du style critique, qui, à son tour, en a moins que le style satirique; le style badin, plaisant, ou comique, dont les nuances sont diférentes, et vont en enchérissant l'une sur l'aûtre; le style marotique, qui se done encôre plus de libertés, moindres pourtant que le style burlesque. (Préface, p. xi)

De concert avec la "pédagogie du mauvais usage", cette vision stratifiée aura pour conséquence, providentielle pour le dix-huitièmiste, un éclectisme notable dans la nomenclature comme dans les remarques explicites puisque aussi bien tel terme, omis pour crime d'archaïsme par un puriste étroit, figurera dans le D.C. comme bon pour le marotique, le burlesque ou le bas comique. Les marqueurs d'usage modulent ainsi l'ostracisme radical des provincialismes, des xénismes, des jargons et du bas. De la sorte, une expression juridique donnée est adéquate en son lieu, même si elle est à proscrire dans l'usage commun; le jargon des gazettes a des idiotismes tolérables dans les limites, même infranchissables, de la situation de communication qui leur a donné naissance; les licences conservent à la poésie les quelques privilèges qu'elle détient encore sur la prose, etc. Raffinement supplémentaire, les marqueurs d'usage peuvent même, dans le corps des articles, être corrélés à la distribution du vocable, telle distribution étant étiquetée barbare tandis qu'une autre ne sera que familière et une troisième bonne pour le bâs comique.

La tolérance du lexicographe vaut aussi pour les archaïsmes "utiles": quand le besoin du mot se fait encore sentir, Féraud déplore les caprices de l'usage ou la tyrannie des grammairiens puristes.

Néanmoins, norme et esthétique sont au coeur des préoccupations du lexicographe. On le voit sur la question névralgique des anglicismes,[3] calques syntaxiques par exemple ou extensions de sens jugées indues. La vigueur de la dénonciation annonce déjà les foudres anglophobes contemporaines:

Les Traductions ne fournissent pas moins que les Vers une riche Récolte de Remarques critiques. On peut le dire surtout de celles des Livres Anglais, qui se multiplient journellement. Quelque habile que soit un Traducteur, il ne se tient pas toujours en garde contre la sourde influence de la Langue étrangère, dans laquelle est écrit l'Ouvrage qu'il traduit; et, sans trop s'en apercevoir, il en fait pâsser les tours et les expressions dans la copie qu'il en fait. (Préface, p. xii)

Du bref rappel des contenus du D.C., on retiendra la nature complexe, audacieuse et novatrice du discours qui l'anime.

2. Objectifs

Les objectifs de notre entreprise d'édition électronique sont aisés à énoncer: il s'agit d'interroger les contenus du D.C. En aucun cas nous ne songeons à re-générer le texte-papier avec l'ensemble de ses attributs matériels originaux. L'absence de tels attributs dans le Suplément manuscrit de 800 pages du Dictionaire critique (GEHLF 1987), dont il faudra aussi envisager la saisie, constitue à cet égard un obstacle insurmontable.

3. Opérations

Vu leur grande compatibilité, nous travaillons avec les deux logiciels WordPerfect (traitement de texte) et WordCruncher (recherche de données textuelles).

3.1. Dispositif d'encodage

L'encodage des attributs matériels du texte dans le texte électronique répond strictement aux besoins d'interrogation des contenus du D.C. et à la nécessité d'une édition électronique fiable à l'intérieur des finalités pré-définies. Notre position est claire: la faisabilité de l'entreprise importe ici plus que l'intégralité philologique: nous souhaitons pouvoir consulter la base, même avec des bruits, d'ici trois ans. Le texte électronique n'incorporera donc que les attributs matériels remplissant l'une ou l'autre des conditions suivantes: offrir les indices de lecture nécessaires; offrir une indication pertinente et univoque, convertible en balise de contenu; favoriser une saisie et des relectures exactes; ne pas surcharger la saisie au point de mettre en péril l'opération de relecture, donc la qualité des données; optimiser les requêtes ultérieures.

Nous traitons dans l'ordre des principaux paramètres de l'encodage en deux temps: la saisie et la post-édition.

3.1.1. Saisie

3.1.1.1. Le système de référence (page/colonne/ligne)

Vu l'adressage en ordre alphabétique du D.C. et la structuration relativement systématique de ses articles, l'article et le constituant de l'article dans lequel apparaît la forme constituent le système de référence motivé et pertinent tant pour un programme de référence rapide que pour le retour à l'original papier. Il suffira donc de taper deux fois en exergue la vedette, une fois comme vedette, l'autre comme adresse.

Il est toujours possible d'ajouter plus tard, en fonction de besoins encore peu discernables, les 2.600 indication de pages et les 5.200 indications de colonnes. Quant à la ligne, elle n'appelle, vu nos objectifs, qu'un marquage adéquat des tirets équivoques.

3.1.1.2. Sauts de ligne, retraits, signes de disjonction, structuration alpha-numérique de l'article

Aux fins d'une indispensable fidélité de nature structurelle à l'original et pour des raisons de lisibilité, les sauts de ligne, les retraits, les signes de disjonction, la structuration alpha-numérique de l'article sont encodés. Sont transcodés les signes de disjonction absents dans la table ASCII.

3.1.1.3. Polices, corps, casses

Ici nous entrons dans le royaume de la redondance, de la synonymie et de la polysémie graphiques.

a) L'alternance des deux corps minuscules est mécanique et univoque: le petit corps minuscule est réservé aux exemples en vers. Cet attribut, faiblement représenté, fait partie des indications à la fois pertinentes et gérables. Il est conservé.

b) L'alternance italique/romain est très fréquente, donc extrêmement coûteuse. Elle n'est en outre pas univoque, notamment: les adresses non-mots; les sources; les transcriptions phonétiques figurées, intégrales ou tronquées; des mots ou chaînes de caractères en mention, c'est-à-dire sujets du discours métalinguistique (c'est ainsi que le rappel du mot-adresse se trouve parfois en italique); des mots ou syntagmes, continus ou discontinus, qui, objets du discours métalinguistique, sont en usage dans des exemples.

Ces cinq fonctions cardinales ne sont en outre pas exclusives de quelques utilisations marginales supplémentaires. Il s'ensuit qu'elle exige la coopération du lecteur.

Il reste que, malgré sa polysémie, la police italique est trop riche en indices de lectures complémentaires pour être abandonnée et nous convenons de la conserver.

c) L'alternance des casses pose des problèmes de synonymie et de polysémie graphiques: les capitales ou majuscules se trouvent en effet dans le composant adresse pour noter les adresses et parfois, se substituant à l'italique (minuscule), dans le corps de l'article pour leur rappel. L'information, de faible valeur, n'est toutefois pas sans intérêt. Plus près de la matérialité du texte, elle en favorise aussi une saisie plus fiable tout en faisant fonction d'ancrage visuel pour les relectures.

Nous avons donc convenu de conserver l'alternance des casses.

Ici s'arrête pour nous les tâches requises d'un claviste faiblement formé qui suivra la matérialité du texte, à l'exclusion du lignage arbitraire.

3.1.2. La post-édition

L'enrichissement des données brutes demande plus de formation et sera confié à des étudiants de troisième cycle. Les opérations conformes à nos finalités sont les suivantes: découpage de l'article en ses constituants; pose conditionnelle d'espace après l'apostrophe; intervention sur les tirets d'enclise qui donnent cours à des mots graphiques anormaux; intervention sur les traits d'union en fin de ligne; pose automatique d'une balise ouvrante d'exemple avant le guillemet et fermeture manuelle de l'exemple après la fin de celui-ci, voire après l'indication de source si l'exemple est référencé; encadrement des sources par un code d'enrichissement graphique, ultérieurement transcodable.

À ce stade du travail, le texte électronique permettra d'isoler avec précision: la vedette; les constituants de l'article; les exemples; les sources; les exemples en vers; les mots notés par Féraud comme hors du bon usage à l'aide de l'astérisque.

La segmentation des articles en constituants permettra de plus d'interroger indirectement: les adresses; les catégories grammaticales, assez bien identifiées par Féraud et localisées de façon uniforme.

On pourra donc interroger la nomenclature (adresses et vedettes), inventorier les sources du D.C., distinguer entre citations référencées et non référencées, identifier l'article dans lequel figure une source ou une citation. Et l'on pourra, bien entendu, interroger le texte exclusivement sur les exemples.

3.2. L'enrichissement concomitant de la base

Comme le montre une étude sur les marqueurs du mauvais usage dans le D.C. (Seguin et al. 1990), leurs dénominations fluctuantes et leur syntaxe variable les rendent peu propices à l'interrogation. Étant donné la vocation critique du dictionnaire de Féraud, il nous apparaît cependant essentiel d'en faciliter la recherche.

À cette fin, la recherche commencée à Montréal sur le développement de l'appareil des marques d'usage dans les dictionnaires monolingues français permettra d'annexer un inventaire statistiquement valable des différents marqueurs de l'usage présents dans le D.C., qu'ils ressortissent à l'axe social, temporel, spatial, à la fréquence ou à l'opposition langue générale / langue de spécialité.

3.3. L'enrichissement ultérieur

Au terme des trois années prévues, des enrichissements supplémentaires pourront éventuellement être envisagés, plus particulièrement au niveau du codage: des chaînes de transcriptions figurées; des chaînes de type phonético-graphique qui ne constituent pas des mots dans le composant du même nom; des abréviations; des adresses tronquées; des toponymes et des anthroponymes.


Notes

[1] Le texte complet de la discussion qui suit se trouve dans la Préface de la réédition du Dictionaire critique (GEHLF 1993).

[2] Il faut en effet voir que les /E/ moyens longs, grosso modo les /E/ soumis à un allongement strictement allophonique (devant [r], par exemple), n'admettent pas le circonflexe; parallèlement, les voyelles nasales longues, même celles dont la longueur a valeur phonologique, ne sont jamais orthographiées avec un circonflexe.

[3] Voir, pour un premier aperçu, Humbley 1986.


Bibliographie

[Nous ne reproduisons pas ici la bibliographie générale relative à Féraud. On la trouvera à la fin de Stéfanini 1969, avec des compléments dans CCH Working Papers, 2: 98-9 (Caron et al., CHWP, B.6). Seules les principales études spécialisées ne figurant pas dans ces deux bibliographies sont données ici, ainsi que les études mentionnées dans le présent article.]

  • CARON, Philippe (1989). "Le Dictionaire critique de la langue française, un regard engagé sur la variation" (communication au Colloque "Variation et Structure", AFLS, Salford, mars) -- inédit.
  • CARON, Philippe, L. DAGENAIS & G. GONFROY (1992). "Le programme d'informatisation du Dictionaire critique de la langue française de l'abbé Jean-François Féraud (1787)", Historical Dictionary Databases (éd. T.R. Wooldridge). CCH Working Papers, 2: 87-103 (= CHWP, B.6).
  • CARON, Philippe, L. DAGENAIS & G. GONFROY (à paraître). "L'informatisation du Dictionaire critique de la langue française: bilan et perspectives", Actes du XXe Congrès de Linguistique et de Philologie Romanes (Zürich, avril 1992). Tübingen: Max Niemeyer Verlag.
  • FOURNIER, Nathalie (à paraître) "Le traitement du verbe dans les dictionnaires de Féraud". Paris: École Normale Supérieure de Jeunes Filles.
  • GEMMINGEN, Barbara von (1988). "Le Dictionaire critique de l'abbé Féraud: essai d'une description systématique", Travaux de Linguistique et de Philologie, 26: 113-31.
  • GEHLF (Groupe d'Étude en Histoire de la Langue Française) (1987). Suplément du Dictionaire Critique de la langue française (Collection de l'École Normale Supérieure de Jeunes Filles, 37). Paris: École Normale Supérieure de Jeunes Filles, 3 vol. in-fol.
  • GEHLF (1993). Rééd. du Dictionaire critique de la langue française (Préface de P. Caron et T.R. Wooldridge). Tübingen: Max Niemeyer Verlag, 3 vol. in-fol.
  • HUMBLEY, John (1986). "Les anglicismes dans le Dictionaire critique et dans le Suplément", Autour de Féraud: la lexicographie en France de 1762 à 1835. Paris: École Normale Supérieure de Jeunes Filles: 147-55.
  • LARTHOMAS, Pierre (1965). "Le Supplément du Dictionnaire critique de Féraud", Le Français Moderne, 33: 241-55. (Première description du Suplément après sa découverte.)
  • LARTHOMAS, Pierre (1986). "Le Supplément du Dictionnaire critique de Féraud", Actes du Congrès de Linguistique et de Philologie Romanes. Aix-en-Provence: J. Laffitte, vol. 1: 377-92.
  • MORIN, Yves-Charles & L. DAGENAIS (1988). "Les normes subjectives du français et les français régionaux: la longueur vocalique depuis le 16ème siècle", Distributions spatiales et temporelles, constellations des manuscrits: études de variation linguistique offertes à Anthonij Dees à l'occasion de son 60ème anniversaire. Amsterdam: John Benjamins: 153-62.
  • SEGUIN, Jean-Pierre (à paraître 1994). "Féraud modérateur et fédérateur des jugements métalinguistiques de son temps". Paris: École Normale Supérieure de Jeunes Filles.
  • SEGUIN, Jean-Pierre, D. BOUVEROT, P. CARON, N. FOURNIER & I. LANDY-HOUILLON (1990). "Les marqueurs de mauvais usage dans le Dictionaire critique de Féraud", Les marques d'usage dans les dictionnaires (XVIIe-XVIIIe siècles), Lexique, 9: 129-51.
  • STÉFANINI, Jean (1969). Un provençaliste marseillais, l'abbé Féraud (1725-1807) (Publication de la Faculté des lettres et sciences humaines d'Aix-en-Provence, 67). Paris: Ophrys.