<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<!DOCTYPE article PUBLIC "-//NLM//DTD JATS (Z39.96) Journal Publishing DTD v1.2 20120330//EN" "http://jats.nlm.nih.gov/publishing/1.2/JATS-journalpublishing1.dtd">
<!--<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="article.xsl"?>-->
<article article-type="article-commentary" dtd-version="1.2" xml:lang="fr" xmlns:mml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance">
<front>
<journal-meta>
<journal-id journal-id-type="issn">1918-3666</journal-id>
<journal-title-group>
<journal-title>Digital Studies/Le champ num&#233;rique</journal-title>
</journal-title-group>
<issn pub-type="epub">1918-3666</issn>
<publisher>
<publisher-name>Open Library of Humanities</publisher-name>
</publisher>
</journal-meta>
<article-meta>
<article-id pub-id-type="doi">10.16995/dscn.8101</article-id>
<article-categories>
<subj-group>
<subject>Commentary</subject>
</subj-group>
</article-categories>
<title-group>
<article-title>Savoirs et savoir-faire relatifs aux arts de la sc&#232;ne dans la pratique de la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique des organismes de th&#233;&#226;tre, danse et cirque au Qu&#233;bec</article-title>
</title-group>
<contrib-group>
<contrib contrib-type="author" corresp="yes">
<name>
<surname>Guay</surname>
<given-names>Herv&#233;</given-names>
</name>
<email>herve.guay@uqtr.ca</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-1">1</xref>
</contrib>
<contrib contrib-type="author">
<name>
<surname>Beaulieu</surname>
<given-names>Marie</given-names>
</name>
<email>beaulieu.marie@uqam.ca</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-2">2</xref>
</contrib>
<contrib contrib-type="author">
<name>
<surname>Larouche</surname>
<given-names>Marie-Claude</given-names>
</name>
<email>marie-claude.larouche@uqtr.ca</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-3">3</xref>
</contrib>
<contrib contrib-type="author">
<name>
<surname>Leroux</surname>
<given-names>Patrick</given-names>
</name>
<email>patrick.leroux@concordia.ca</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-4">4</xref>
</contrib>
<contrib contrib-type="author">
<name>
<surname>St-Georges</surname>
<given-names>Camille</given-names>
</name>
<email>camille.st-georges@uqtr.ca</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-3">3</xref>
</contrib>
<contrib contrib-type="author">
<name>
<surname>Fortin</surname>
<given-names>Josiane</given-names>
</name>
<email>fortin.josiane.2@courrier.uqam.ca</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-2">2</xref>
</contrib>
</contrib-group>
<aff id="aff-1"><label>1</label>Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Trois-Rivi&#232;res, CA</aff>
<aff id="aff-2"><label>2</label>UQAM, CA</aff>
<aff id="aff-3"><label>3</label>UQTR, CA</aff>
<aff id="aff-4"><label>4</label>Concordia University, CA</aff>
<pub-date publication-format="electronic" date-type="pub" iso-8601-date="2022-05-02">
<day>02</day>
<month>05</month>
<year>2022</year>
</pub-date>
<pub-date pub-type="collection">
<year>2022</year>
</pub-date>
<volume>12</volume>
<issue>1</issue>
<elocation-id>1</elocation-id>
<permissions>
<copyright-statement>Copyright: &#x00A9; 2022 The Author(s)</copyright-statement>
<copyright-year>2022</copyright-year>
<license license-type="open-access" xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">
<license-p>This is an open-access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution 4.0 International License (CC-BY 4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited. See <uri xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/</uri>.</license-p>
</license>
</permissions>
<self-uri xlink:href="http://www.digitalstudies.org/articles/10.16995/dscn.8101/"/>
<abstract>
<p>Cette r&#233;flexion sur les savoirs et les savoir-faire relatifs aux arts de la sc&#232;ne vis&#233;s par la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique prend appui sur une vaste enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e dans ce secteur culturel au Qu&#233;bec en 2019 et 2020. L&#8217;analyse de ces propos vise &#224; comprendre si la transmission du savoir importe pour ceux et celles qui s&#8217;adonnent &#224; la m&#233;diation dans les arts de la sc&#232;ne et quels types de savoir sont privil&#233;gi&#233;s. Finalement, &#224; la lumi&#232;re des propos que les r&#233;pondants tiennent sur les actions et les formes de m&#233;diation qui se pratiquent dans leur organisme, cette &#233;tude examine les tensions qui se font jour entre d&#233;mocratisation culturelle et d&#233;mocratie culturelle. Cette &#233;tude documente entre autres diverses conceptions de la citoyennet&#233; qui sont identifiables dans les discours analys&#233;s.</p>
</abstract>
<trans-abstract xml:lang="en">
<p>This reflection on the knowledge and know-how pertaining to performing arts impacted by cultural and digital mediation is based on a vast survey performed in the cultural sector in Quebec in 2019 and 2020. The analysis of the responses seeks to understand if the transmission of knowledge matters to those who indulge in the mediation of performing arts, and which types of knowledge are prioritized. Ultimately, in light of the respondents&#8217; comments concerning the actions and forms of mediation that take place in their organizations, this study examines the tensions that arise between cultural democratization and cultural democracy. This study documents, inter alia, the concepts of citizenship found within the analyzed responses.</p>
</trans-abstract>
</article-meta>
</front>
<body>
<sec>
<title>Introduction</title>
<p>Notre &#233;quipe de recherche a voulu prendre la mesure du ph&#233;nom&#232;ne de la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique dans les arts de la sc&#232;ne et identifier les dispositifs auxquels recouraient diffuseurs et producteurs pour joindre les publics des compagnies et des diffuseurs de danse, de th&#233;&#226;tre et de cirque au Qu&#233;bec. C&#8217;est donc la m&#233;diation comme pratique (<xref ref-type="bibr" rid="B32">Peyrin 2012</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B19">Lafortune 2015</xref>) et non comme champ de d&#233;bats th&#233;oriques (<xref ref-type="bibr" rid="B10">Caune 2006</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B3">Bordeaux 2015</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B31">P&#233;quignot 2015</xref>), qui est vis&#233;e par cette recherche. Pour ce faire, nous nous sommes lanc&#233;s dans une vaste &#233;tude, financ&#233;e par le Conseil de recherche en sciences humaines, comportant un volet quantitatif et un volet qualitatif. Nous d&#233;sirons rendre compte ici de ce second volet, plus pr&#233;cis&#233;ment de la partie qui touche aux savoirs et aux savoir-faire sur lequel reposent tant d&#8217;actions de m&#233;diation culturelle et num&#233;rique dans ces organismes. Nous avons d&#8217;abord voulu en savoir plus sur la conception de la m&#233;diation culturelle pr&#233;valant chez les responsables des organismes que nous avons interview&#233;s. D&#8217;ailleurs, la dimension &#233;ducative dans ces actions de m&#233;diation compte-t-elle pour ceux et celles qui les font ? Touche-t-elle davantage le savoir artistique, des savoir-faire relatifs &#224; la discipline, des connaissances li&#233;es &#224; un spectacle pr&#233;cis ou des comp&#233;tences tierces ? Des tensions s&#8217;observent-elles entre d&#233;mocratisation culturelle et expression artistique des publics ?</p>
<p>Telles sont quelques-unes des questions auxquelles nous essaierons de r&#233;pondre dans le cadre de cet article o&#249; nous commencerons par pr&#233;senter le contexte, le cadre th&#233;orique et les concepts cl&#233;s qui nous ont guid&#233; pour &#233;laborer notre sondage et les plans d&#8217;entretiens dont nous nous sommes servis. La pr&#233;sentation des r&#233;sultats de la recherche suit. Nous scruterons en premier lieu, dans les discours que nous avons analys&#233;s, la conception de la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique qui sous-tend la pratique de certains producteurs et diffuseurs. Nous verrons en second lieu si ces organismes mettent plut&#244;t l&#8217;accent sur les savoirs ou les savoir-faire. En troisi&#232;me lieu, nous examinerons les comp&#233;tences tierces qui sont sollicit&#233;es au cours des actions de m&#233;diation entreprises par la trentaine de compagnies de th&#233;&#226;tre, de danse et de cirque qui ont particip&#233; &#224; nos entretiens. Cet article se termine sur une discussion qui sera consacr&#233;e aux sources de la tension entre d&#233;mocratie culturelle et d&#233;mocratisation de la culture dans la pratique de la m&#233;diation au sein des arts de la sc&#232;ne. Il s&#8217;agira ensuite de cerner la conception de la citoyennet&#233; &#224; laquelle adh&#232;rent les travailleurs de la culture dont nous avons analys&#233; les discours et qui informe les actions de m&#233;diation qu&#8217;ils r&#233;alisent, tout en colorant la transmission de savoirs et de savoir-faire &#224; laquelle ils s&#8217;adonnent.</p>
<sec>
<title>Contexte</title>
<p>La part &#233;ducative de la m&#233;diation culturelle et tout particuli&#232;rement celle de la m&#233;diation culturelle num&#233;rique s&#8217;av&#232;rent souvent ce qui justifie la pr&#233;sence des deux types d&#8217;actions aux yeux des pouvoirs publics. Au Qu&#233;bec, la Loi sur l&#8217;instruction publique reconna&#238;t le droit de toute personne &#224; l&#8217;&#233;ducation et les arts font partie des disciplines qui s&#8217;enseignent &#224; l&#8217;&#233;cole. Cette intention d&#8217;&#233;duquer aux arts ou par les arts, se voit &#233;galement dans les obligations qui sont faites aux organismes culturels financ&#233;s par minist&#232;res et conseils des arts de d&#233;velopper la m&#233;diation culturelle ainsi qu&#8217;une strat&#233;gie num&#233;rique au sein de laquelle cette derni&#232;re est cens&#233;e occuper une place de choix.</p>
<p>Bien des marques de cette volont&#233; publique de contribuer &#224; l&#8217;&#233;ducation des publics et d&#8217;y inclure les potentialit&#233;s du num&#233;rique apparaissent dans les programmes f&#233;d&#233;raux, provinciaux et municipaux. Par exemple, le Fonds Strat&#233;gie num&#233;rique du Conseil des arts du Canada (CAC) demande, dans son volet Accessibilit&#233; aux arts et engagement culturel des citoyens, de faciliter &#171; l&#8217;acc&#232;s, l&#8217;engagement et la participation du public envers les arts par des moyens num&#233;riques &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B6">CAC 2020, 1</xref>). Le Plan d&#8217;action 2019&#8211;2022 du Conseil des arts et des lettres du Qu&#233;bec (CALQ) recommande ainsi d&#8217; &#171; assurer la vitalit&#233; des arts vivants &#224; l&#8217;&#232;re num&#233;rique et [de] cr&#233;er des rendez-vous avec les publics et les communaut&#233;s &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B7">CALQ 2019, 4</xref>), mais aussi de &#171; [f]avoriser l&#8217;acc&#232;s &#224; des ressources sp&#233;cialis&#233;es en d&#233;veloppement et fid&#233;lisation des publics, m&#233;diation culturelle et promotion &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B7">CALQ 2019, 10</xref>). Autre cas, le programme M&#233;diations culturelles MTL de la m&#233;tropole vise &#224; soutenir &#171; des projets qui provoquent des rencontres personnalis&#233;es entre artistes, &#339;uvres et citoyens, dans un contexte d&#8217;&#233;change et de transfert de savoir mutuel &#187; ainsi que &#171; les initiatives culturelles qui int&#232;grent les technologies num&#233;riques &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B40">Ville de Montr&#233;al 2019, 7</xref>).</p>
<p>Parall&#232;lement &#224; ces programmes, le Minist&#232;re de la culture et des communications du Qu&#233;bec a adopt&#233; un Plan culturel num&#233;rique (PCN) d&#233;taill&#233; en <xref ref-type="bibr" rid="B27">2014</xref>. Ce plan s&#8217;est prolong&#233; au-del&#224; des cinq ann&#233;es pour lesquelles il &#233;tait pr&#233;vu &#224; l&#8217;origine, en d&#233;bouchant notamment sur la cr&#233;ation des agents de d&#233;veloppement num&#233;rique (ADN) dont ont &#233;t&#233; dot&#233;s tant les structures r&#233;gionales responsables de la culture que les regroupements de diff&#233;rents secteurs culturels. Au chapitre des arts de la sc&#232;ne, le th&#233;&#226;tre par le biais du Conseil qu&#233;b&#233;cois du th&#233;&#226;tre ainsi que la danse par le biais du Regroupement qu&#233;b&#233;cois de la danse ont h&#233;rit&#233; d&#8217;un ADN. De plus, pas moins de 14 mesures (2, 12, 23, 54, 55, 62, 63, 66, 100, 106, 107, 108 et 114) du PCN touchent les arts de la sc&#232;ne, sans oublier l&#8217;adoption par Qu&#233;bec d&#8217;un Plan d&#8217;action num&#233;rique en &#233;ducation et en enseignement sup&#233;rieur en 2018 (<xref ref-type="bibr" rid="B28">MEES, 2018</xref>).</p>
</sec>
</sec>
<sec>
<title>Cadre th&#233;orique</title>
<p>C&#8217;est dans ce contexte d&#8217;une volont&#233; gouvernementale de faire une place accrue &#224; la m&#233;diation culturelle et au num&#233;rique dans les arts, conjugu&#233;e &#224; une multiplication des initiatives des organismes culturels en ce domaine, que notre &#233;quipe de recherche s&#8217;est lanc&#233;e dans une vaste enqu&#234;te relative &#224; la pratique de la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique dans les arts de la sc&#232;ne au Qu&#233;bec. Les concepts cl&#233;s qui ont guid&#233; l&#8217;&#233;quipe au cours de cette recherche ont &#233;t&#233; ceux de <italic>m&#233;diation culturelle</italic> et de <italic>dispositifs num&#233;riques</italic>. Nous avons ainsi adapt&#233; la d&#233;finition de la m&#233;diation culturelle propos&#233;e par Aboudrar et Mairesse (<xref ref-type="bibr" rid="B1">2016</xref>) pour qu&#8217;elle convienne aux arts de la sc&#232;ne, soit la plus ouverte possible et tienne compte des postures possibles d&#8217;une diversit&#233; de r&#233;pondants. La m&#233;diation culturelle a &#233;t&#233; d&#233;finie comme <italic>toute action men&#233;e par un professionnel ou un cr&#233;ateur pour susciter un dialogue autour d&#8217;une proposition artistique ou culturelle, qu&#8217;elle s&#8217;adresse &#224; un individu ou un groupe. L&#8217;action vise &#224; d&#233;velopper la relation avec un spectacle, avec un art de la sc&#232;ne, avec un organisme culturel (ou un partenaire de celui-ci) ou des comp&#233;tences tierces</italic>. Par dispositifs num&#233;riques, nous consid&#233;rons &#224; la suite de Larouche <italic>et al</italic>. qu&#8217;il s&#8217;agit de moyens au service de la m&#233;diation culturelle</p>
<disp-quote>
<p>[&#8230;] d&#233;velopp&#233;s gr&#226;ce aux capacit&#233;s d&#8217;encodage informatique s&#8217;appuyant sur des r&#233;seaux, des &#233;quipements et des applications logicielles selon diff&#233;rentes configurations (site Internet, applications mobiles, r&#233;seaux sociaux, etc.) et diff&#233;rentes modalit&#233;s m&#233;diatiques (vid&#233;o, images, textes, audio, etc.). (<xref ref-type="bibr" rid="B22">Larouche et al. 2019</xref>)</p>
</disp-quote>
<p>Apr&#232;s quoi &#233;tait apport&#233;e la pr&#233;cision suivante : &#171; Les dispositifs num&#233;riques sont d&#233;ploy&#233;s dans diff&#233;rents lieux physiques ou virtuels et selon diff&#233;rentes temporalit&#233;s (avant, pendant ou apr&#232;s la repr&#233;sentation) &#187; (2019). &#192; cette d&#233;finition, nous ajoutons le fait qu&#8217;il existe nombre de dispositifs composites m&#234;lant le pr&#233;sentiel et le num&#233;rique.</p>
<p>En terminant, il convient de clarifier les d&#233;finitions de &#171; savoir &#187; et de &#171; savoir-faire &#187; sur lesquels nous nous baserons pour analyser les discours des repr&#233;sentants des arts de la sc&#232;ne avec qui nous nous sommes entretenus. Par savoir, nous entendons les connaissances d&#233;claratives (savoir que&#8230;) par opposition au savoir-faire qui se rattache aux connaissances proc&#233;durales (savoir comment&#8230;), rejoignant ainsi la d&#233;finition usuelle rappel&#233;e par Raynal et Rieunier (<xref ref-type="bibr" rid="B35">2010</xref>).</p>
</sec>
<sec sec-type="methods">
<title>M&#233;thodologie</title>
<p>Rappelons la m&#233;thodologie adopt&#233;e pour notre enqu&#234;te. D&#8217;abord, cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; men&#233;e dans le cadre d&#8217;un partenariat entre une &#233;quipe de recherche compos&#233;e de chercheurs de l&#8217;UQTR, de l&#8217;UQAM et de l&#8217;Universit&#233; Concordia et des organismes actifs dans leur milieu respectif, soit le Conseil qu&#233;b&#233;cois du th&#233;&#226;tre, En piste &#8211; Regroupement national des arts du cirque et le Regroupement qu&#233;b&#233;cois de la danse. Dans le cadre du premier volet, le volet quantitatif, nous avons &#233;labor&#233; un questionnaire de 110 questions autour de quatre th&#232;mes (caract&#233;ristiques des organismes, m&#233;diation culturelle, m&#233;diation culturelle num&#233;rique et usage quotidien du num&#233;rique). Il a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; 454 organismes au printemps 2019; 164 organismes y ont r&#233;pondu, dont 40% font partie du milieu th&#233;&#226;tral, 21% appartiennent &#224; celui de la danse, 18% &#224; celui du cirque et 20% se consid&#232;rent comme multidisciplinaires. (La m&#233;thodologie du volet quantitatif est d&#233;crite plus avant dans Lapointe <italic>et al</italic>. (<xref ref-type="bibr" rid="B21">2020</xref>). Des entretiens qualitatifs ont suivi &#224; l&#8217;automne 2019 fond&#233;s sur les r&#233;sultats du questionnaire quantitatif. Ces derniers ont permis de d&#233;gager trois types d&#8217;organismes : ceux qui ne faisaient pas de m&#233;diation culturelle ou num&#233;rique, ceux qui s&#8217;investissaient dans la m&#233;diation culturelle seulement et ceux qui menaient de front les deux types de m&#233;diation. Ce constat nous a amen&#233;s &#224; cr&#233;er trois plans d&#8217;entretien destin&#233;s &#224; cerner les pratiques, les savoirs et les savoir-faire de chacun des groupes. Dans le cadre de cet article, nous nous pencherons sur les organismes qui font de la m&#233;diation culturelle et ceux qui ajoutent la m&#233;diation num&#233;rique &#224; cette premi&#232;re activit&#233;. 20 entretiens ont &#233;t&#233; men&#233;s aupr&#232;s de repr&#233;sentants d&#8217;organismes qui font de la m&#233;diation culturelle; 18 ont &#233;t&#233; conduites dans le deuxi&#232;me groupe. Les principaux sujets abord&#233;s durant les entretiens ont &#233;t&#233; la situation professionnelle des r&#233;pondants, les strat&#233;gies de m&#233;diation culturelle et num&#233;riques mises en place dans les organismes, les d&#233;fis organisationnels et technologiques li&#233;s &#224; la pratique de la m&#233;diation, les projets r&#233;alis&#233;s jug&#233;s les plus r&#233;ussis ainsi que ceux qui les inspiraient en provenance d&#8217;ailleurs. Les entretiens ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s et des verbatims ont &#233;t&#233; produits &#224; partir de ces enregistrements audios. Les donn&#233;es ont par la suite &#233;t&#233; analys&#233;es &#224; l&#8217;aide d&#8217;une grille calqu&#233;e sur les diff&#233;rentes sections du plan d&#8217;entrevue qualitatif en insistant sur les aspects concrets du discours sur ces pratiques.</p>
<p>Par savoir relatif aux arts de la sc&#232;ne, nous entendons dans cette recherche les connaissances th&#233;oriques propres &#224; ces disciplines artistiques comme l&#8217;histoire du spectacle, l&#8217;esth&#233;tique, le vocabulaire propre &#224; ces formes, etc. Nous r&#233;servons le terme de savoir-faire aux connaissances pratiques qui appartiennent &#224; l&#8217;apprentissage concret de ces formes et qui entourent le processus de cr&#233;ation et sa mat&#233;rialisation dans l&#8217;interpr&#233;tation, l&#8217;improvisation, la r&#233;p&#233;tition, la pr&#233;sentation, etc. Quant aux &#171; comp&#233;tences tierces &#187;, elles recouvrent pour notre &#233;quipe des savoirs th&#233;oriques et pratiques qui ne sont pas directement reli&#233;s au th&#233;&#226;tre, &#224; la danse et au cirque comme les habilet&#233;s sociales, politiques et &#233;thiques, qui peuvent r&#233;sulter des actions de m&#233;diation r&#233;alis&#233;es.</p>
<p>Ajoutons que, d&#232;s le d&#233;but de nos travaux, nous avons li&#233; explicitement la question de la pratique de la m&#233;diation culturelle, qu&#8217;elle se fasse en personne, par voie num&#233;rique ou de mani&#232;re composite, &#224; des savoirs et des savoir-faire que nous d&#233;sirions mieux rep&#233;rer, puisque nous en avons fait le sous-titre de notre projet de recherche. Fid&#232;les &#224; la d&#233;marche qualitative, nous sommes partis de la pr&#233;misse que ceux qui pratiquent et structurent cette m&#233;diation &#233;taient bien plac&#233;s pour expliquer quels savoirs et savoir-faire ils jugeaient important de transmettre &#224; leurs publics. Ce sont donc les propos des r&#233;pondants de notre enqu&#234;te qui s&#8217;expriment sur la part &#233;ducative relative aux arts en m&#233;diation culturelle que nous vous pr&#233;sentons ici et qui serviront de base &#224; la discussion sur laquelle s&#8217;ach&#232;vera cet article. Pour pr&#233;server l&#8217;anonymat des participants, toutes les r&#233;f&#233;rences aux verbatims des entretiens commenceront par la lettre V et seront num&#233;rot&#233;es pour les distinguer les uns des autres. Ce V sera suivi du num&#233;ro de l&#8217;entretien puis d&#8217;un trait d&#8217;union accompagn&#233; de la lettre par laquelle commence l&#8217;art de la sc&#232;ne de l&#8217;organisme; &#224; savoir C pour cirque, D pour danse, T pour th&#233;&#226;tre et M pour multidisciplinaire.</p>
</sec>
<sec>
<title>Savoir artistique et vis&#233;es en contexte de m&#233;diation culturelle et num&#233;rique</title>
<p>L&#8217;enqu&#234;te qualitative approfondit la question de la transmission de savoirs artistiques dans la m&#233;diation de plusieurs mani&#232;res, c&#8217;est-&#224;-dire tant par la conception de la m&#233;diation &#224; laquelle adh&#232;rent les organismes actifs dans les arts de la sc&#232;ne que par les actions de m&#233;diation qu&#8217;ils mettent en &#339;uvre. En outre, la pratique de la m&#233;diation orchestr&#233;e par ces organismes en dit davantage sur le type de transmission de savoir et d&#8217;outils num&#233;riques qui y est privil&#233;gi&#233;. En ce qui concerne les discours, des organismes reconnaissent qu&#8217;il y a un certain &#171; apprentissage qui est fait via la m&#233;diation culturelle &#187; (V29-T, 12) par le public. L&#8217;un des savoirs relatifs &#224; l&#8217;art qui est mentionn&#233; est celui entourant la spectation. Par exemple, le public est avis&#233; qu&#8217;il doit &#171; &#234;tre &#224; l&#8217;aise avec le doute &#187; (V9-T, 26). Le doute est en effet une dimension avec laquelle doit souvent composer le public scolaire ou non initi&#233;. De plus, les organismes d&#233;sirent sensibiliser les membres du public &#224; la multiplicit&#233; des formes que peuvent adopter certaines formes artistiques; cet aspect est mentionn&#233; tant par des repr&#233;sentants des arts du cirque que de ceux de la marionnette. Ceci suppose de tenir le public au courant de l&#8217;&#233;volution r&#233;cente d&#8217;un art donn&#233; qui contredirait des images plus anciennes. Un tel contenu relevant de l&#8217;esth&#233;tique viserait &#224; r&#233;duire l&#8217;<italic>&#233;cart esth&#233;tique</italic> qui pourrait influencer l&#8217;<italic>horizon d&#8217;attente</italic> de certains spectateurs, c&#8217;est-&#224;-dire &#171; l&#8217;ensemble de leurs expectatives &#187; (Pavis cit&#233; par <xref ref-type="bibr" rid="B5">Bourassa 2010</xref>) &#224; l&#8217;endroit d&#8217;un spectacle donn&#233;, pour reprendre certains termes chers &#224; l&#8217;un des auteurs de la th&#233;orie de la r&#233;ception H. R. Jauss (<xref ref-type="bibr" rid="B17">1990 [1978]</xref>). Parmi les autres savoirs en jeu, notons l&#8217;apprentissage du processus cr&#233;ateur qui se fait souvent par le biais d&#8217;ateliers d&#8217;initiation &#224; la discipline artistique ou autour du travail d&#8217;un artiste donn&#233; (par exemple, un chor&#233;graphe). Ces diverses actions de m&#233;diation culturelles paraissent participer de l&#8217;&#233;ducation informelle, de l&#8217;autoformation (par exemple, gr&#226;ce &#224; l&#8217;&#233;coute de capsules num&#233;riques) et de la d&#233;couverte de soi auxquelles les activit&#233;s artistiques sont souvent associ&#233;es.</p>
<p>Nos entretiens mettent en lumi&#232;re les multiples vis&#233;es de ces actions de m&#233;diation : la premi&#232;re est de concourir &#224; la d&#233;mocratisation de l&#8217;art, la seconde &#224; accro&#238;tre les connaissances artistiques du spectateur et la troisi&#232;me &#224; valoriser son expression sur un mode ou un autre.</p>
<p>Dans la premi&#232;re cat&#233;gorie, ce qui semble pr&#233;dominer en mati&#232;re de savoir, c&#8217;est de mettre en contact avec la danse, le th&#233;&#226;tre et le cirque, d&#8217;y <italic>exposer</italic> des individus et des groupes pour lesquels il existe des freins &#224; la fr&#233;quentation et &#224; l&#8217;expression culturelles. Au nombre des groupes cibl&#233;s qui sortent des sentiers battus pr&#233;sents dans nos entretiens, notons les enfants pr&#233;sentant un trouble du spectre de l&#8217;autisme, les enfants lourdement handicap&#233;s, les personnes atteintes de douleur chronique, les personnes &#226;g&#233;es, les communaut&#233;s maghr&#233;bines et autochtones ainsi que les milieux d&#233;favoris&#233;s &#233;conomiquement et les classes d&#8217;accueil. Certains projets misent notamment sur un jumelage de diff&#233;rentes client&#232;les. D&#8217;autres m&#234;lent des enfants pr&#233;sentant un handicap avec des enfants qui en sont d&#233;nu&#233;s ou encore des grands-parents appel&#233;s &#224; aller au th&#233;&#226;tre avec des tout-petits. Cette derni&#232;re action entretient bien entendu un lien &#233;troit avec le th&#233;&#226;tre jeunesse o&#249; elle a &#233;t&#233; con&#231;ue. Le rapport au corps douloureux qui &#233;mane du secteur de la danse ainsi que l&#8217;int&#233;r&#234;t pour les populations issues de l&#8217;immigration, qui vient du milieu du cirque, habitu&#233; aux tourn&#233;es &#224; l&#8217;ext&#233;rieur du pays, proc&#232;dent selon une logique similaire de proximit&#233; avec le champ artistique au sein duquel cette action a &#233;t&#233; con&#231;ue.</p>
<p>Si les orientations de l&#8217;enrichissement et de l&#8217;initiation autour desquelles se structure la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique dans les arts de la sc&#232;ne paraissent toutes deux comporter des dimensions &#233;ducatives, une certaine tension se fait tout de m&#234;me sentir entre les tenants d&#8217;une m&#233;diation dont le contenu &#233;ducatif est exigeant (et souvent directionnel) et ceux qui la con&#231;oivent prioritairement comme une occasion d&#8217;encourager le public &#224; s&#8217;exprimer sur un mode ou un autre. Ce n&#8217;est pas dire que cette expression ne repose sur aucun savoir ou savoir-faire &#8212; au contraire, c&#8217;est m&#234;me tr&#232;s souvent le cas &#8212; mais ces derniers doivent passer au second plan, de mani&#232;re &#224; d&#8217;abord d&#233;velopper le sentiment de comp&#233;tence et de confort &#224; l&#8217;&#233;gard d&#8217;une discipline artistique qui peut avoir des aspects intimidants. Un participant dit valoriser avant tout les connaissances en raison du mandat qu&#8217;il s&#8217;est donn&#233; :</p>
<disp-quote>
<p>&#199;a va avec la mission de [l&#8217;organisme] qui est de documenter, valoriser, transmettre. C&#8217;est comme si c&#8217;est le volet transmission qui est actualis&#233; dans la m&#233;diation. C&#8217;est une fa&#231;on, puis je dirais le parcours p&#233;dagogique aussi. Vraiment, c&#8217;est tr&#232;s&#8230; Les &#233;l&#232;ves vont apprendre des choses, je dis les &#233;l&#232;ves, mais &#231;a peut &#234;tre les jeunes. Vraiment, &#231;a devient quelque chose de tr&#232;s actif, donc ils s&#8217;approprient des connaissances. (V4-D, 6)</p>
</disp-quote>
<p>Cette orientation s&#8217;illustre aussi de mani&#232;re impressionniste chez d&#8217;autres r&#233;pondants qui parlent de &#171; toute activit&#233; qui donne des cl&#233;s de lecture qu&#8217;elle soit contextuelle, artistique pour que les personnes appr&#233;cient la pi&#232;ce &#187; (V8-T, 1) ou plus simplement d&#8217;assurer &#171; une meilleure compr&#233;hension &#187; (V12-T, 11) du spectacle.</p>
<p>La seconde orientation visant avant tout la comp&#233;tence se manifeste clairement dans ce t&#233;moignage qui d&#233;cline les trois objectifs fix&#233;s &#224; la m&#233;diation au sein de cet organisme :</p>
<disp-quote>
<p>On en a trois. Le premier, rassurer les gens. &#199;a veut dire leur dire &#224; quelle heure ils vont prendre le bus. Nous, tout ce qu&#8217;on fait en m&#233;diation culturelle, c&#8217;est li&#233; &#224; aller voir un spectacle, fr&#233;quenter [notre th&#233;&#226;tre]. On les rassure en premier, les d&#233;tails techniques. Le deuxi&#232;me objectif c&#8217;est le sentiment de comp&#233;tence. C&#8217;est de dire moi je suis capable d&#8217;aller au th&#233;&#226;tre, je suis capable de comprendre ou de ne pas comprendre, je suis capable de vivre des &#233;motions. Je suis comp&#233;tent, je connais les codes, les cl&#233;s de ce spectacle-l&#224;, je sais &#224; peu pr&#232;s vers o&#249; je m&#8217;en vais. Des fois on arrive juste au premier ou deuxi&#232;me. Et id&#233;alement on arrive au troisi&#232;me, qui est, raviver la curiosit&#233;. L&#224;, l&#8217;enfant est excit&#233; au plus haut point de vivre cette exp&#233;rience-l&#224;, il a plein d&#8217;id&#233;es dans sa t&#234;te de ce que pourrait &#234;tre ce spectacle-l&#224;. (V9-T, 3&#8211;4)</p>
</disp-quote>
<p>Un autre participant insiste pour sa part sur la libert&#233; pour le spectateur d&#8217;interpr&#233;ter le spectacle comme il l&#8217;entend :</p>
<disp-quote>
<p>&#199;a ne vise pas &#224; am&#233;liorer la compr&#233;hension d&#8217;une &#339;uvre. On donne des cl&#233;s, mais essentiellement, on pourrait tout enlever &#231;a et [ce n&#8217;est] pas grave. Ils sont assez intelligents pour comprendre l&#8217;enti&#232;ret&#233; des spectacles sans qu&#8217;on leur explique. Ce n&#8217;est pas de l&#8217;enseignement. Je ne peux m&#234;me pas dire que c&#8217;est de l&#8217;introduction &#224; une discipline artistique, parce qu&#8217;on touche un petit peu &#224; tout sans plonger en profondeur dans quelque chose et on ne leur demande jamais d&#8217;imiter quelque chose que je vais faire, une technique. Ils sont tr&#232;s tr&#232;s libres l&#224;-dedans. Je dirais d&#8217;accompagner leur d&#233;couverte, qui va &#234;tre tr&#232;s autonome. Chacun va faire son petit chemin pour d&#233;couvrir, s&#8217;introduire &#224; quelque chose. On vient juste les appuyer, r&#233;pondre aux questions, r&#233;pondre aux envies, passer du temps ensemble. (V27-T, 6)</p>
</disp-quote>
</sec>
<sec>
<title>Savoir pour le th&#233;&#226;tre, savoir-faire pour le cirque et la danse</title>
<p>Cette enqu&#234;te nous en a aussi appris davantage sur les savoirs et savoir-faire valoris&#233;s dans la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique qui se pratique dans les organismes du milieu des arts de la sc&#232;ne. L&#224; encore, il n&#8217;y a pas de consensus quant aux savoirs et aux savoir-faire &#224; d&#233;velopper chez les publics du th&#233;&#226;tre, de la danse et du cirque par des actions de m&#233;diation culturelle et num&#233;rique. Les contenus li&#233;s &#224; la cr&#233;ation et au processus cr&#233;ateur le disputent aux savoirs plus th&#233;oriques li&#233;s &#224; l&#8217;esth&#233;tique, plus pr&#232;s peut-&#234;tre de ce qui est n&#233;cessaire et pertinent pour former un spectateur inform&#233; ou comp&#233;tent (<xref ref-type="bibr" rid="B13">Fish 1980</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B11">Culler 1980</xref>). Il est possible d&#8217;observer que le cirque et la danse exploitent le savoir-faire et les techniques corporelles, tandis que les m&#233;diateurs actifs dans le domaine du th&#233;&#226;tre sont enclins &#224; favoriser le d&#233;veloppement des connaissances non seulement li&#233;s &#224; l&#8217;esth&#233;tique th&#233;&#226;trale mais aussi &#224; d&#8217;autres domaines du savoir dont il peut &#234;tre question dans la pi&#232;ce. Il est important de dire que cela se fait aussi en danse et en cirque, mais l&#8217;importance accord&#233;e &#224; la parole au th&#233;&#226;tre para&#238;t renforcer le ph&#233;nom&#232;ne. Par ailleurs, l&#8217;accent mis sur le savoir-faire existe aussi pour ce qui est de l&#8217;art dramatique; il semble d&#8217;ailleurs plus pr&#233;sent dans les compagnies de marionnettes ou ax&#233;es sur le mouvement, c&#8217;est-&#224;-dire les compagnies o&#249; le verbe c&#232;de le pas au mouvement. Par ailleurs, savoir-faire rime souvent avec pratique de la cr&#233;ation, parfois accompagn&#233; d&#8217;un certain engagement du public dans un projet de cr&#233;ation, et plus rarement avec formation du spectateur. Exception notable &#224; cet &#233;gard, un organisme propose une vid&#233;o destin&#233;e &#224; la pratique de la spectation.</p>
<p>La primaut&#233; accord&#233;e dans le milieu du cirque aux savoir-faire et aux techniques corporelles est exprim&#233;e par ce r&#233;pondant :</p>
<disp-quote>
<p>Les arts du cirque c&#8217;est une forme d&#8217;art, donc oui la technique, mais quand on parle &#224; un jeune qui jongle depuis un certain temps ou qui fait de l&#8217;acrobatie depuis un certain temps, comment sensibiliser et voir comment le mouvement peut &#234;tre une forme d&#8217;expression? &#199;a c&#8217;est un d&#233;fi pour nous de transmettre &#231;a, d&#8217;o&#249; justement les d&#233;fis en num&#233;rique pour le cirque. (V2-C, 6)</p>
</disp-quote>
<p>Cette pr&#233;occupation se fait entendre &#233;galement dans le secteur de la danse. L&#8217;atelier est souvent une fa&#231;on de se frotter &#224; ce savoir-faire et &#224; des techniques corporelles. Ce participant souligne ce qu&#8217;apporte cette activit&#233; selon lui : &#171; Mais notre atelier, c&#8217;est de faire vivre la danse dans le corps m&#234;me. &#187; (V4-D, 6) D&#8217;autres font part de l&#8217;importance du langage corporel dans l&#8217;op&#233;ration : &#171; La m&#233;diation culturelle, c&#8217;est une porte d&#8217;entr&#233;e, qu&#8217;elle soit num&#233;rique ou pas, c&#8217;est une porte d&#8217;entr&#233;e pour aborder la danse d&#8217;une autre mani&#232;re. [&#8230;] C&#8217;est une autre mani&#232;re de mettre en avant le corps puis le langage corporel. &#187; (V5-C, 14) Pour un autre participant, le contact direct, avec le corps, avec le processus de cr&#233;ation est ce qui permet d&#8217;&#234;tre plus sensible aux &#339;uvres :</p>
<disp-quote>
<p>[&#8230;] alors, la d&#233;couverte de soi-m&#234;me, la d&#233;couverte de ses capacit&#233;s, un nouveau regard, puisqu&#8217;on parle de danse ici, un nouveau regard sur son corps qui est diff&#233;rent, pour avoir un regard positif, d&#233;faire les pr&#233;jug&#233;s sur le corps id&#233;al, sur le corps parfait et m&#234;me souvent de s&#8217;appr&#233;cier soi-m&#234;me, de reconnaitre aussi &#224; travers les actions qu&#8217;on fait, notre capacit&#233; que tous et chacun a artistiquement &#224; l&#8217;int&#233;rieur. &#199;a veut dire que &#171; non, je ne suis pas artiste, non je ne suis pas capable de danser &#187;. Non, attends ! Ici, on parle de gestes et de mouvements et mon d&#233;fi, quand je te rencontre, n&#8217;est pas que tu reconnaisses une capacit&#233; de mouvement incroyable, mais une capacit&#233; de cr&#233;ation, une capacit&#233; d&#8217;imaginaire. Et moi, mon travail, c&#8217;est d&#8217;aller toucher ton imaginaire et de l&#8217;exprimer &#224; travers ton corps. Alors, c&#8217;est d&#233;faire ces barri&#232;res-l&#224;, qu&#8217;on arr&#234;te de dire qu&#8217;on remplit des salles. Mon d&#233;fi est de dire, non moi, je rencontre des gens pour qu&#8217;ils d&#233;couvrent leur potentiel artistique et en ayant contact avec ce potentiel-l&#224;, d&#8217;&#234;tre plus sensibles aux &#339;uvres et aux propositions qui les entourent. (V23-D, 8)</p>
</disp-quote>
<p>Des r&#233;pondants en th&#233;&#226;tre confirment &#224; quel point les savoirs li&#233;s aux th&#232;mes des pi&#232;ces sont valoris&#233;s dans la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique qui est &#233;labor&#233;e dans cette discipline. D&#8217;ailleurs, des participants indiquent que la m&#233;diation au th&#233;&#226;tre se fonde entre autres sur les textes dramatiques :</p>
<disp-quote>
<p>Non, elle [la m&#233;diation] a une autre finalit&#233; parce qu&#8217;on part toujours de la production artistique, de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art, mais il y a un souci quand m&#234;me de r&#233;fl&#233;chir par exemple aux &#339;uvres d&#8217;art qu&#8217;on fait ici. Il y a un souci de discuter de ces enjeux, de ces th&#232;mes qui sont &#233;labor&#233;s dans les &#339;uvres. Pas n&#233;cessairement par souci de d&#233;velopper le public, mais par souci d&#8217;approfondir le sujet. (V7-T, 2)</p>
</disp-quote>
<p>La volont&#233; de creuser les savoirs autour d&#8217;un th&#232;me donn&#233; passe aussi par la technologie et ce qu&#8217;un support donn&#233; permet :</p>
<disp-quote>
<p>Pour t&#8217;expliquer le contexte notre premier balado, c&#8217;&#233;tait sur notre pi&#232;ce [&#8230;] et donc un balado sur la notion de consentement sexuel. On a fait des entrevues avec des avocats, des psychologues, plein d&#8217;intervenants et &#231;a parlait du consentement. Il y a des avocats qui rencontraient les acteurs aussi. Et c&#8217;&#233;tait vraiment une super bonne &#233;mission &#224; &#233;couter. Ensuite il y a eu le balado sur [une autre pi&#232;ce]. C&#8217;&#233;tait la premi&#232;re fois qu&#8217;il y avait une distribution presque enti&#232;rement noire sur la sc&#232;ne d&#8217;un th&#233;&#226;tre institutionnel francophone. Et donc enjeux de repr&#233;sentativit&#233;, d&#8217;inclusion, d&#8217;appropriation culturelle. Il y avait beaucoup d&#8217;intervenants c&#8217;&#233;tait vraiment tr&#232;s int&#233;ressant &#224; &#233;couter. (V8-T, 13)</p>
</disp-quote>
<p>L&#8217;esth&#233;tique ainsi que le processus de cr&#233;ation font aussi partie des savoirs dont il est question :</p>
<disp-quote>
<p>Notre mission est th&#233;&#226;tre de mouvement acrobatique et jeu clownesque. On est vraiment dans du mouvement et dans plusieurs de nos pi&#232;ces, il n&#8217;y a pas de texte ou tr&#232;s peu de texte [&#8230;] &#199;a change un peu, mais que ce soit en jeu clownesque ou plus acrobatique, on est dans un jeu physique. &#199;a reste dans le m&#234;me ADN. Quand on parle de notre fa&#231;on de cr&#233;er par exemple, les rencontres avant le spectacle, c&#8217;est sur comment on cr&#233;e un spectacle. (V26-T, 10)</p>
</disp-quote>
<p>Bien des compagnies de th&#233;&#226;tre ne n&#233;gligent pas pour autant les savoir-faire, en particulier celles qui n&#233;cessitent des techniques corporelles sp&#233;cialis&#233;es. Tel est le cas de cette compagnie de marionnettes qui organise des ateliers pour les petits et les adolescents :</p>
<disp-quote>
<p>C&#8217;est s&#251;r que ce n&#8217;est pas du tout le m&#234;me atelier qu&#8217;on pr&#233;sente parce que pour les plus jeunes &#231;a va &#234;tre plut&#244;t dans &#231;a&#8230; mais c&#8217;est lui qui cr&#233;e de l&#8217;ombre. C&#8217;est de voir &#171; ah quand j&#8217;utilise ma main comme &#231;a, &#187; c&#8217;est l&#8217;&#233;merveillement de &#171; ah j&#8217;ai le contr&#244;le sur l&#8217;image que je suis en train de cr&#233;er &#187;. [&#8230;] avec les plus vieux on va cr&#233;er les marionnettes on va cr&#233;er du th&#233;&#226;tre d&#8217;ombres, on va cr&#233;er une histoire qu&#8217;ils vont pr&#233;senter avec la perspective de &#171; quand je me mets comme &#231;a&#8230; &#187;, donc c&#8217;est s&#251;r que &#231;a reste du th&#233;&#226;tre d&#8217;ombres, mais l&#8217;approche et l&#8217;atelier est compl&#232;tement diff&#233;rent. (V12-T, 5)</p>
</disp-quote>
<p>Ce dernier t&#233;moignage montre aussi que savoirs et savoir-faire sont susceptibles d&#8217;&#234;tre convi&#233;s ensemble dans une m&#234;me activit&#233; de m&#233;diation et que la fronti&#232;re est parfois poreuse entre les deux.</p>
</sec>
<sec>
<title>Comp&#233;tences tierces et arts de la sc&#232;ne</title>
<p>En marge de la transmission de savoir et de savoir-faire propres aux arts de la sc&#232;ne, des activit&#233;s de m&#233;diation contribuent au d&#233;veloppement de comp&#233;tences tierces, ainsi que nous l&#8217;avons d&#233;sign&#233; dans la d&#233;finition de la m&#233;diation culturelle que nous avons adopt&#233;e. Des participants accordent une grande importance &#224; celles-ci. Parmi les savoirs, dont il est question dans ces comp&#233;tences tierces, figure ce qui pourrait &#234;tre d&#233;crit comme l&#8217;apprentissage d&#8217;un &#171; savoir &#234;tre &#187;, qui contribuerait &#224; la reconnaissance sociale de l&#8217;individu &#224; l&#8217;aide de la pratique des arts de la sc&#232;ne. Les initiatives de cirque social, de th&#233;&#226;tre citoyen et de danse comme outil d&#8217;inclusion sociale participent de ce mouvement.</p>
<p>S&#8217;agissant du cirque en particulier, certains organismes s&#8217;inscrivent clairement dans la tradition du cirque social que Spiegel d&#233;finit comme visant &#224; rejoindre des populations marginalis&#233;es par l&#8217;entremise des arts du cirque (<xref ref-type="bibr" rid="B37">Spiegel 2016</xref>). L&#8217;action de m&#233;diation vise ici des populations plus vuln&#233;rables et consiste non pas &#224; emmener ses membres au spectacle, mais &#224; d&#233;velopper des comp&#233;tences sociales en montant avec eux un spectacle (V20-C, 2&#8211;3) destin&#233; &#224; la communaut&#233;. Le travail de m&#233;diation y offre des similitudes avec le travail social et favorise le d&#233;veloppement personnel des individus gr&#226;ce au cadre de rencontre et d&#8217;&#233;change que lui offre la pratique du cirque, qui passe par l&#8217;apprentissage de techniques corporelles (savoir-faire) reli&#233;es &#224; la formation circassienne mais aussi d&#8217;habilet&#233;s sociales comme l&#8217;acquisition de confiance en soi ou de capacit&#233; &#224; se pr&#233;senter aux autres que l&#8217;on peut assimiler &#224; un savoir-&#234;tre. Cette pratique encadr&#233;e du cirque qualifi&#233;e dans le monde anglo-saxon d&#8217;&#171; art-for-social-change &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B15">ICASC 2021</xref>) aide le participant &#224; trouver sa place au sein du groupe o&#249; il apprend, outre des techniques corporelles susceptibles d&#8217;&#234;tre mises en valeur dans un num&#233;ro, &#224; prendre part au vivre-ensemble d&#8217;une collectivit&#233;. Un r&#233;pondant rend compte de cette d&#233;marche :</p>
<disp-quote>
<p>Souvent les programmes de pr&#233;-employabilit&#233;, c&#8217;est six mois et, pour eux, ce n&#8217;est pas atteignable, ils sont tr&#232;s loin du march&#233; du travail. L&#224;, &#231;a leur donne la confiance qu&#8217;ils peuvent se r&#233;veiller chaque matin, qu&#8217;ils peuvent faire partie d&#8217;une &#233;quipe, surmonter des d&#233;fis, pers&#233;v&#233;rer, etc. On remarque que &#231;a leur donne le go&#251;t d&#8217;&#234;tre en action et de poursuivre d&#8217;autres projets, pas n&#233;cessairement en cirque. Dans leur vie. (V20-C, 8)</p>
</disp-quote>
<p>Des compagnies de th&#233;&#226;tre mais aussi de danse font aussi &#233;tat d&#8217;un d&#233;sir de participer &#224; l&#8217;&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233; sans qu&#8217;il soit toujours certain qu&#8217;elle se refl&#232;te pleinement dans la m&#233;diation pratiqu&#233;e par celles-ci. C&#8217;est le cas de ce th&#233;&#226;tre qui affirme que &#171; la direction artistique actuelle veut vraiment d&#233;velopper ce qu&#8217;on appelle &#171;un th&#233;&#226;tre dans la cit&#233;&#187; avec un grand C. Donc il y a cet esprit-l&#224; aussi de partage avec la cit&#233;, avec &#171; le voisinage, le quartier la ville. &#187; (V7-T, 3) Ce m&#234;me positionnement est &#233;pous&#233; par une compagnie de danse, mais avec la nuance qu&#8217;on d&#233;clare que cela teinte leurs actions de m&#233;diation : &#171; Pour moi, c&#8217;est de dire : ce n&#8217;est pas de faire un projet dans le but d&#8217;avoir des futurs acheteurs de billets, mais plut&#244;t de futurs citoyens et citoyennes plus connaissants ou plus sensibilis&#233;s. &#187; (V6-T, 24) Une autre compagnie de danse affirme travailler surtout avec des populations qui n&#8217;ont pas pleinement acc&#232;s la citoyennet&#233; :</p>
<disp-quote>
<p>La compagnie s&#8217;est sp&#233;cialis&#233;e particuli&#232;rement en milieux d&#233;favoris&#233;s, d&#233;crocheurs ou jeunes ayant des probl&#233;matiques particuli&#232;res. Aussi, on est amen&#233; &#224; monter des projets de m&#233;diation avec des jeunes qui ont le syndrome de l&#8217;autisme, des probl&#233;matiques en dysphasie aussi et des personnes ayant des d&#233;ficiences intellectuelles diverses, comme la trisomie ou d&#8217;autres activit&#233;s comme &#231;a. (V23-D, 2)</p>
</disp-quote>
<p>Une troisi&#232;me comp&#233;tence que l&#8217;on pourrait relier &#224; la d&#233;couverte de l&#8217;alt&#233;rit&#233; a aussi &#233;t&#233; mentionn&#233;e plus haut par certains participants. Cette comp&#233;tence est susceptible de se d&#233;velopper quand une pratique artistique sert de pr&#233;texte pour faire se rencontrer des milieux ou des groupes diff&#233;renci&#233;s. Cet apprentissage semble le fait des actions de m&#233;diation qui recourent &#224; des jumelages, ainsi que nous l&#8217;avons vu quand malades et bien portants se rencontrent, quand artistes et non-artistes entrent en dialogue ou encore quand les g&#233;n&#233;rations se m&#233;langent. Un peu comme nous l&#8217;avions observ&#233; pour le cirque social, cette capacit&#233; de composer avec des individus et des groupes ayant une diff&#233;rence marqu&#233;e avec soi para&#238;t destin&#233;e &#224; favoriser le dialogue et le vivre-ensemble par le biais des arts de la sc&#232;ne.</p>
<p>Le d&#233;veloppement de comp&#233;tences tierces importe, en somme, pour bien des compagnies qui se per&#231;oivent comme des agents de changement social ou encore comme des promoteurs de dialogue et de vivre-ensemble. Ces vis&#233;es &#233;ducatives plus sociales c&#244;toient alors la transmission de savoirs et de savoir-faire propres &#224; la discipline artistique.</p>
</sec>
<sec>
<title>Synth&#232;se des r&#233;sultats</title>
<p>Il est clair que les participants des organismes interrog&#233;s accordent de l&#8217;importance &#224; la dimension &#233;ducative de la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique. Cette transmission importe autant pour eux qu&#8217;ils s&#8217;adressent &#224; un public non-initi&#233; auquel ils d&#233;sirent communiquer les rudiments de leur art que lorsqu&#8217;ils s&#8217;adressent &#224; un public plus assidu dont ils cherchent &#224; enrichir les connaissances th&#233;oriques et pratiques. On rep&#232;re d&#8217;ailleurs aussi bien des organismes qui privil&#233;gient les connaissances th&#233;oriques que des compagnies qui optent de pr&#233;f&#233;rence pour des connaissances pratiques. Pour ce qui est des connaissances pratiques, cela va presque toujours de pair avec la mise en place de moyens pour satisfaire l&#8217;expression artistique des publics. L&#8217;on peut trouver plus &#233;tonnant de voir figurer au nombre des connaissances th&#233;oriques et pratiques celles entourant les comportements &#224; adopter lors de l&#8217;assistance au spectacle. Mais ceci rejoint les recherches les plus r&#233;centes faites sur les spectateurs dont les pratiques concr&#232;tes sont observ&#233;es de pr&#232;s par plusieurs chercheurs qui d&#233;signent d&#233;sormais cette activit&#233; par des termes comme &#171; spectature &#187; ou &#171; spectation &#187; et, en anglais, par un verbe comme &#171; <italic>to spectate</italic> &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B38">Thoret 1993</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B26">Mervant-Roux 1998</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B18">Kennedy 2009</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B25">McConachie 2008</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B4">Bouko et Guay 2015</xref>). Quoiqu&#8217;il serait trop long d&#8217;&#233;num&#233;rer toutes les connaissances th&#233;oriques et pratiques transmises par ces organismes, l&#8217;ouverture &#224; des formes nouvelles compte parmi les dimensions &#233;ducatives mentionn&#233;es auxquelles les organismes accordent un certain prix et ceci semble valoir pour diff&#233;rents types de public. Une telle pr&#233;occupation indique que des organismes sont soucieux que leur &#233;volution esth&#233;tique puisse &#234;tre accept&#233;e par le public et estiment qu&#8217;il est leur responsabilit&#233; de les tenir au courant des mutations artistiques en cours. L&#8217;on peut ici rep&#233;rer une distance entre des arts de la sc&#232;ne, dont la survie repose en grande partie sur la n&#233;cessit&#233; de faire venir le public en salle, et d&#8217;autres formes artistiques, comme les arts visuels, voire d&#8217;activit&#233;s culturelles, comme la fr&#233;quentation d&#8217;une biblioth&#232;que publique, qui d&#233;pendent d&#8217;un rapport diff&#233;rent au march&#233;. Cette n&#233;cessit&#233; &#233;conomique pourrait expliquer un recours moins grand au &#171; choc esth&#233;tique &#187; comme strat&#233;gie pour attirer l&#8217;attention du public chez les premiers que chez les seconds. Le philosophe Jacques Ranci&#232;re distingue d&#8217;ailleurs entre deux r&#233;gimes esth&#233;tiques auxquels recourt l&#8217;art contemporain : l&#8217;un fond&#233; sur le choc esth&#233;tique qui provoque un d&#233;chirement de l&#8217;ordinaire et l&#8217;autre qui propose des micro-situations qui s&#8217;&#233;cartent moins radicalement de la vie quotidienne (<xref ref-type="bibr" rid="B34">Ranci&#232;re 2004, 32</xref>). Pr&#233;server l&#8217;appui du public para&#238;t donc &#234;tre l&#8217;un des &#233;l&#233;ments structurant les strat&#233;gies &#233;ducatives de certaines compagnies actives dans les arts de la sc&#232;ne. Il est possible que d&#8217;autres actions de m&#233;diation culturelle et num&#233;rique soient guid&#233;es par cet imp&#233;ratif, ce que d&#8217;autres recherches permettraient de confirmer.</p>
<p>Y a-t-il des diff&#233;rences quant aux savoirs, savoir-faire et comp&#233;tences tierces privil&#233;gi&#233;s par les organismes dans leurs actions de m&#233;diation et selon qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;organismes d&#233;di&#233;s au th&#233;&#226;tre, &#224; la danse, au cirque ou &#224; plus d&#8217;une discipline artistique ? En m&#234;me temps que l&#8217;on peut constater qu&#8217;il est possible de d&#233;nicher des r&#233;f&#233;rences aux connaissances th&#233;oriques, pratiques et aux comp&#233;tences tierces dans les trois disciplines, des particularit&#233;s se font jour entre le th&#233;&#226;tre, la danse et le cirque. Au th&#233;&#226;tre, l&#8217;&#233;tendue des connaissances th&#233;oriques mentionn&#233;e dans les t&#233;moignages est tr&#232;s vaste et la dimension verbale et textuelle de l&#8217;art dramatique ainsi que l&#8217;accent mis sur la ma&#238;trise de la parole et du discours n&#8217;y est peut-&#234;tre pas &#233;tranger. &#192; l&#8217;inverse, on peut sans doute tracer un parall&#232;le entre le foisonnement des activit&#233;s de m&#233;diation impliquant des pratiques et des techniques corporelles en danse et au cirque, deux arts qui mettent en avant le corps et rel&#232;guent la parole au second plan m&#234;me s&#8217;il y a des exceptions. L&#8217;atelier est le lieu par excellence o&#249; se fait l&#8217;exposition du public &#224; des techniques corporelles, o&#249; ce dernier est plus directement amen&#233; &#224; s&#8217;exprimer physiquement ou encore &#224; exp&#233;rimenter le processus cr&#233;ateur. Il ne faut pas nier non plus le fait que bien des compagnies de th&#233;&#226;tre organisent des ateliers ni que des compagnies de cirque et de danse organisent des discussions avec des artistes, avant ou apr&#232;s la repr&#233;sentation. Mais alors, c&#8217;est surtout pour aborder le processus cr&#233;ateur, ce qui est commun &#224; tous les arts de la sc&#232;ne.</p>
</sec>
<sec>
<title>Discussion</title>
<p>Si l&#8217;on se fie &#224; la mani&#232;re dont la part &#233;ducative de la m&#233;diation culturelle y favorise certains contenus au d&#233;triment d&#8217;autres, doit-on alors constater qu&#8217;il existe dans les arts de la sc&#232;ne une tension entre d&#233;mocratisation culturelle, qui pr&#233;conise l&#8217;acc&#232;s de tous &#224; la culture l&#233;gitime, et la d&#233;mocratie culturelle, qui valorise l&#8217;expression socioculturelle de tous ? (<xref ref-type="bibr" rid="B2">Bellavance 2000</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B10">Caune 2006</xref>) Certes, pour des r&#233;pondants, c&#8217;est l&#8217;acc&#232;s &#224; l&#8217;art et la venue &#224; la repr&#233;sentation qui comptent le plus; mais on peut trouver d&#8217;autres repr&#233;sentants d&#8217;organismes pr&#234;ts &#224; soutenir que c&#8217;est l&#8217;expression artistique qui est la meilleure fa&#231;on de pr&#233;parer le public &#224; une rencontre avec le spectacle. Cette pr&#233;sence des deux logiques concorde avec la th&#232;se de Jean-Marie Lafortune selon laquelle un m&#233;lange de d&#233;mocratisation de la culture et de d&#233;mocratisation culturelle se serait impos&#233; au Qu&#233;bec &#224; partir des ann&#233;es 1990, auquel se serait ajout&#233;e l&#8217;&#233;ducation artistique pour former la m&#233;diation culturelle &#224; partir des ann&#233;es 2010 (<xref ref-type="bibr" rid="B20">Lafortune 2017, 37</xref>). La co&#239;ncidence n&#8217;est toutefois pas parfaite, dans les discours entendus, avec les dispositifs d&#8217;interpr&#233;tation, d&#8217;animation et d&#8217;&#233;ducation, qu&#8217;il associe &#224; chacune des logiques.</p>
<p>Fait &#224; noter, les organismes en arts de la sc&#232;ne con&#231;oivent sans doute plus que d&#8217;autres domaines artistiques la m&#233;diation culturelle comme devant mener &#224; l&#8217;assistance au spectacle, car la connaissance de ces arts repose aux yeux de beaucoup d&#8217;organismes sur un contact direct avec la repr&#233;sentation mais aussi sur la valorisation de sa dimension esth&#233;tique. Il s&#8217;agirait donc l&#224; d&#8217;un savoir-faire fond&#233; sur la pr&#233;sence &#224; l&#8217;autre qui semble indispensable pour le public aux yeux de bien des repr&#233;sentants des organismes que nous avons sollicit&#233;s. Mais cette rencontre doit aussi permettre au public d&#8217;en constater la qualit&#233; esth&#233;tique. Ce point de vue d&#233;fendant la reconnaissance de l&#8217;expertise artistique pourrait expliquer la r&#233;sistance exprim&#233;e par des participants du milieu des arts de la sc&#232;ne &#224; la perspective d&#8217;actions de m&#233;diation culturelle qui seraient une fin en soi. S&#8217;il se peut que cela rejoigne la critique faite &#224; la m&#233;diation culturelle d&#8217;enlever des ressources d&#233;j&#224; fort rares &#224; la cr&#233;ation, relev&#233;e par Casemajor, Lamoureux, et Racine (<xref ref-type="bibr" rid="B9">2015, 12&#8211;13</xref>), elle semble reposer davantage sur la difficult&#233; des artistes de concevoir l&#8217;art en dehors de sa condition esth&#233;tique et de la recherche qui l&#8217;accompagne.</p>
<p>Revenons maintenant sur les comp&#233;tences tierces qui occupent une grande place dans les discours des participants. Sont mentionn&#233;es les habilet&#233;s sociales qu&#8217;il est possible de d&#233;velopper chez ceux qui souffrent d&#8217;exclusion sociale, une &#233;ducation &#224; la citoyennet&#233; &#224; laquelle participerait le contact avec les &#339;uvres ainsi qu&#8217;une d&#233;couverte ou un approfondissement de l&#8217;alt&#233;rit&#233; qui viendrait de la fr&#233;quentation de groupes ou d&#8217;individus dot&#233;s d&#8217;autres caract&#233;ristiques que ceux dont l&#8217;individu est issu.</p>
<p>L&#224; encore, on peut observer des diff&#233;rences significatives en mati&#232;re de m&#233;diation culturelle et num&#233;rique, alors que l&#8217;on consid&#232;re les publics en fonction de trois inscriptions sociales bien diff&#233;renci&#233;es. Pour certaines actions, c&#8217;est le citoyen qui est l&#8217;interlocuteur privil&#233;gi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire qu&#8217;on le consid&#232;re comme d&#233;j&#224; dot&#233; d&#8217;une capacit&#233; d&#8217;action politique et comme &#233;ventuel agent de changement. C&#8217;est lui que l&#8217;on veut sensibiliser &#224; divers probl&#232;mes de soci&#233;t&#233;. Dans d&#8217;autres dispositifs, c&#8217;est le non-citoyen qui est vis&#233;, celui dont certains droits ne sont pas toujours respect&#233;s et qui vit en marge de la soci&#233;t&#233; pour diverses raisons (d&#233;favorisation &#233;conomique, handicap, langue, &#226;ge, couleur de peau, etc.) &#224; qui l&#8217;on d&#233;sire voir r&#233;int&#233;grer dans le tissu social. Dans le dernier cas, c&#8217;est aussi la diff&#233;rence qui est vis&#233;e : certains pouvant &#234;tre per&#231;us comme avantag&#233;s ou d&#233;savantag&#233;s dans leur contribution possible au vivre-ensemble.</p>
<p>Or quel concept d&#233;crirait le mieux ici les finalit&#233;s sociales, voire politiques, de la m&#233;diation culturelle mise en &#339;uvre dans les arts de la sc&#232;ne au Qu&#233;bec ? Fran&#231;ois Derbas Thibodeau et Christian Poirier proposent le concept de citoyennet&#233; culturelle pour d&#233;signer &#171; ce qui fait qu&#8217;un individu se construit culturellement comme citoyen dans le monde &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B12">Derbas Thibodeau et Poirier 2019</xref>) mais sans forc&#233;ment que cette citoyennet&#233; s&#8217;articule en fonction d&#8217;une action politique orient&#233;e vers l&#8217;obtention du pouvoir. Selon les deux auteurs, cette citoyennet&#233; culturelle &#171; s&#8217;incarne dans le cadre de l&#8217;appropriation et du d&#233;ploiement des moyens symboliques et mat&#233;riels de cr&#233;ation, de r&#233;ception, de diffusion et de circulation des arts et de la culture &#187;. Et ils ajoutent qu&#8217;elle &#171; &#233;claire une perspective horizontale (entre individus) et extra-institutionnelle &#187; (2019). Cette citoyennet&#233; culturelle, plus pr&#232;s de l&#8217;action communautaire, ne para&#238;t pas correspondre aux pratiques et aux discours de la plupart des diffuseurs et des compagnies interrog&#233;es.</p>
<p>Pour mieux comprendre de quelle mani&#232;re la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique dans les arts de la sc&#232;ne se distingue de cette notion, faisons un d&#233;tour par les &#171; tiers lieux &#187; o&#249; une telle citoyennet&#233; culturelle se pratiquerait pour les auteurs. Ils citent &#224; cet &#233;gard Martel (<xref ref-type="bibr" rid="B23">Martel 2015</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B24">Martel 2017</xref>) qui propose trois g&#233;n&#233;rations dans le d&#233;veloppement de biblioth&#232;ques citoyennes. En r&#233;sum&#233;, la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration proposerait des caf&#233;s, des atriums et des espaces polyvalents favorisant la mise en relation d&#8217;individus; la seconde miserait sur l&#8217;organisation d&#8217;activit&#233;s socio-culturelles et ferait place &#224; des organismes du quartier; la troisi&#232;me accueillerait des laboratoires num&#233;riques collaboratifs, de la cocr&#233;ation, de la coconstruction de savoirs et int&#233;grerait des usagers dans la gestion de l&#8217;institution.</p>
<p>Ce d&#233;tour permet de constater qu&#8217;il est difficile pour beaucoup d&#8217;organismes actifs dans les arts de la sc&#232;ne d&#8217;adopter ce mod&#232;le proche des <italic>community-librairies</italic> pour y inscrire leurs activit&#233;s de m&#233;diation. La premi&#232;re raison est l&#8217;importance qu&#8217;y occupe, comparativement &#224; la m&#233;diation, la production de spectacles souvent ax&#233;s sur la cr&#233;ation d&#8217;une plus-value esth&#233;tique pour laquelle le public doit d&#233;bourser des frais souvent &#233;lev&#233;s. Sans cette contribution, la plupart des compagnies devraient cesser leurs activit&#233;s, &#233;tant donn&#233; la hauteur du financement public re&#231;u. En outre, les salles de spectacles, les lieux de r&#233;p&#233;tition et les espaces de bureaux ne sont que partiellement des lieux publics. De m&#234;me, l&#8217;enracinement dans un quartier et une communaut&#233; varie grandement d&#8217;un organisme &#224; l&#8217;autre, tout comme l&#8217;ouverture &#224; la cocr&#233;ation et &#224; la coconstruction de savoirs. Bien que ces deux derniers aspects apparaissent dans certaines d&#233;marches de m&#233;diation, c&#8217;est loin d&#8217;&#234;tre la r&#232;gle. En effet, les savoirs et savoir-faire des artistes continuent souvent d&#8217;&#234;tre mis &#224; l&#8217;avant-plan dans plusieurs actions de m&#233;diation. De plus, le ph&#233;nom&#232;ne du pouvoir est au c&#339;ur de multiples pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre et il n&#8217;est pas s&#251;r que tous les r&#233;pondants estiment suffisantes une action citoyenne d&#233;tach&#233;e du politique, tr&#244;nes, couronnes et sceptres &#233;tant repr&#233;sent&#233;s dans tant d&#8217;&#339;uvres dramatiques depuis l&#8217;origine m&#234;me du th&#233;&#226;tre (<xref ref-type="bibr" rid="B36">Romilly 1970</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B39">Vernant et Vidal-Niquet 1972</xref>).</p>
<p>D&#8217;autres notions aideraient peut-&#234;tre &#224; mieux cerner le travail de m&#233;diation auquel s&#8217;adonnent certains organismes. La notion de &#171; partage du sensible &#187; &#233;labor&#233;e par Jacques Ranci&#232;re (<xref ref-type="bibr" rid="B33">Ranci&#232;re 2000</xref>) est du nombre. Le philosophe fran&#231;ais y recourt pour d&#233;crire toute proposition artistique qui r&#233;unit, ind&#233;pendamment de leur capital &#233;conomique et culturel et de leur dissensus, des individus appartenant &#224; des classes sociales diff&#233;rentes. Nous sugg&#233;rons d&#8217;&#233;largir le concept pour l&#8217;appliquer &#224; certaines propositions qui abordent la question du vivre-ensemble en r&#233;unissant des groupes in&#233;galement dot&#233;s, quel que soit le d&#233;savantage qui les afflige pourvu que celui-ci entrave s&#233;rieusement la coh&#233;sion sociale.</p>
<p>Dans le cas des populations qui n&#8217;ont pas enti&#232;rement acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233;, la th&#233;orie de l&#8217;<italic>empowerment</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B14">Freire 1974</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B29">Moser 1993</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B30">Narayan-Parker 2002</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B8">Calv&#232;s 2009</xref>) qui consiste &#224; redonner du pouvoir aux domin&#233;s, parfois traduit en fran&#231;ais par le terme &#171; encapacitation &#187; ou &#171; insertion &#187;, nous semble aussi ad&#233;quate pour d&#233;crire le travail de &#171; capacit&#233; individuelle, r&#233;alisation et statut &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B8">Calv&#232;s 2009</xref>) vis&#233; par la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique de certains organismes. M&#234;me s&#8217;il s&#8217;agit probablement d&#8217;une version lib&#233;rale et d&#233;politis&#233;e de l&#8217;<italic>empowerment</italic>, ces actions semblent conduire &#224; une encapacitation physique et performative qui passe par l&#8217;acc&#232;s &#224; l&#8217;expression artistique en atelier ou par la cocr&#233;ation. Gr&#226;ce &#224; une r&#233;appropriation des capacit&#233;s cr&#233;atrices, performatives et physiques, souvent requises dans les arts de la sc&#232;ne, le corps servirait ainsi de voie de passage &#224; la participation &#224; une communaut&#233; passag&#232;re. De telles activit&#233;s pr&#233;pareraient ainsi le terrain &#224; l&#8217;inclusion sociale qui pr&#233;c&#233;derait l&#8217;acc&#232;s &#224; une citoyennet&#233; d&#233;bordant le champ culturel. Les conclusions que tire Spiegel de la pratique du cirque social sont semblables :</p>
<disp-quote>
<p>[&#8230;] <italic>the collective creation of shared expression through circus performance both embodies and shares a particular kinesthetic sociality, enacting a mode of creating collectivity anchored in polyphony, according to which multiple voices, bodies, and singular trajectories combine through shared physical acts of performance</italic>. (<xref ref-type="bibr" rid="B37">Spiegel 2016, 52</xref>)</p>
</disp-quote>
<p>C&#8217;est peut-&#234;tre une hypoth&#232;se &#224; consid&#233;rer pour des recherches &#224; venir. Une autre avenue &#224; explorer consisterait &#224; examiner les moyens technologiques les plus pertinents en contexte de m&#233;diation pour transmettre les savoirs, les savoir-faire artistiques et les comp&#233;tences tierces. Cette d&#233;marche pourrait mener, par exemple, &#224; &#233;tablir une &#233;chelle d&#8217;interactivit&#233; &#224; partir de travaux existants (<xref ref-type="bibr" rid="B16">Idjeraoui-Ravez 2017</xref> ; Casemajor, Lamoureux, et Racine 2016) pour mieux comprendre les logiques communicatives en jeu ainsi que les r&#244;les assign&#233;s &#224; chacun dans la m&#233;diation culturelle et num&#233;rique qui se pratique dans les arts de la sc&#232;ne.</p>
</sec>
</body>
<back>
<sec>
<title>Remerciements</title>
<p>Les r&#233;dacteurs en chef remercient le Conseil de recherches en sciences humaines pour l&#8217;aide financi&#232;re accord&#233;e ainsi que nos partenaires culturels, le CQT, le RQD et En piste, de m&#234;me que nos partenaires scientifiques, l'UQTR et le CRILCQ, de leur soutien inconditionnel au cours de cette aventure de longue haleine.</p>
</sec>
<sec>
<title>D&#233;claration d&#8217;int&#233;r&#234;t</title>
<p>Les auteurs d&#233;clarent n&#8217;avoir aucun conflit d&#8217;int&#233;r&#234;t relatif &#224; la r&#233;daction et au contenu de cet article.</p>
</sec>
<sec>
<title>Contributions</title>
<sec>
<title>Contributions des auteurs</title>
<p>Les auteurs sont class&#233;s par ordre d&#233;croissant selon l&#8217;importance de la contribution. L&#8217;auteur correspondant est hg.</p>
<list list-type="bullet">
<list-item><p>Conceptualisation : hg;</p></list-item>
<list-item><p>Enqu&#234;te : hg, mb, mcl, pl, cs, jf;</p></list-item>
<list-item><p>Traitement des donn&#233;es : cs, jf;</p></list-item>
<list-item><p>Analyse formelle : hg, mb, mcl, pl;</p></list-item>
<list-item><p>R&#233;daction &#8211; Pr&#233;paration du brouillon original : hg;</p></list-item>
<list-item><p>R&#233;daction &#8211; R&#233;vision et &#233;dition : hg, mb, mcl, pl, cs;</p></list-item>
<list-item><p>Visualisation : cs.</p></list-item>
</list>
</sec>
<sec>
<title>Contributions &#233;ditoriales</title>
<sec>
<title>R&#233;dacteurs en chef invit&#233;s</title>
<p>Marie-Claude Larouche, professeure titulaire, D&#233;partement des sciences de l&#8217;&#233;ducation, co-directrice depuis 2018 du Laboratoire de recherche sur les publics de la culture (<ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="https://lrpc.ca/">lrpc.ca</ext-link>), Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Trois-Rivi&#232;res, Canada.</p>
<p>Herv&#233; Guay, professeure titulaire et directeur, D&#233;partement de lettres et communication sociale, co-directeur de 2015 &#224; 2021 du Laboratoire de recherche sur les publics de la culture (<ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="https://lrpc.ca/">lrpc.ca</ext-link>), Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Trois-Rivi&#232;res, Canada.</p>
</sec>
<sec>
<title>&#201;ditrices de section et r&#233;dactrices</title>
<p>Justine Dubrule, The Journal Incubator, University of Lethbridge, Canada</p>
<p>Emilie Rouillard-Beauchesne, The Journal Incubator, Universit&#233; de Montr&#233;al, Canada</p>
</sec>
</sec>
</sec>
<ref-list>
<title>Bibliographie</title>
<ref id="B1"><label>1</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Aboudrar</surname>, <given-names>Bruno Nassim</given-names></string-name>, et <string-name><given-names>Fran&#231;ois</given-names> <surname>Mairesse</surname></string-name>. <year>2016</year>. <source>La m&#233;diation culturelle</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>PUF</publisher-name>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.3917/puf.aboud.2016.01</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B2"><label>2</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Bellavance</surname>, <given-names>Guy</given-names></string-name>, dir. <year>2000</year>. <source>D&#233;mocratisation de la culture ou d&#233;mocratie culturelle? Deux logiques d&#8217;action publique</source>. <publisher-loc>Qu&#233;bec</publisher-loc> : <publisher-name>Presses de l&#8217;Universit&#233; Laval</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B3"><label>3</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Bordeaux</surname>, <given-names>Marie-Christine</given-names></string-name>. <year>2015</year>. <chapter-title>&#171; La m&#233;diation culturelle est-elle un concept d&#233;pass&#233;? &#187;</chapter-title>, dans <source>Les mondes de la m&#233;diation culturelle. Approches de la m&#233;diation</source>, sous la direction de <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Camart</surname></string-name>, <string-name><given-names>Fran&#231;ois</given-names> <surname>Mairesse</surname></string-name>, <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Pr&#233;vost-Thomas</surname></string-name>, et <string-name><given-names>Pauline</given-names> <surname>Vessely</surname></string-name>, <volume>1</volume> : <fpage>39</fpage>&#8211;<lpage>61</lpage>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>L&#8217;Harmattan</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B4"><label>4</label><mixed-citation publication-type="webpage"><string-name><surname>Bouko</surname>, <given-names>Catherine</given-names></string-name>, et <string-name><given-names>Herv&#233;</given-names> <surname>Guay</surname></string-name>. <year>2015</year>. <article-title>&#171; Engagement du spectateur et th&#233;&#226;tre contemporain &#187;</article-title>. <source>Tangence</source>, n&#176; <fpage>108</fpage>. <uri>https://journals.openedition.org/tangence/918</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B5"><label>5</label><mixed-citation publication-type="webpage"><string-name><surname>Bourassa</surname>, <given-names>Andr&#233; G.</given-names></string-name> <year>2010</year>. <article-title>&#171; Glossaire du th&#233;&#226;tre &#187;</article-title>. <source>Th&#233;atrales</source>. Consult&#233; le <day>24</day> <month>juillet</month> 2021. <uri>https://www.theatrales.uqam.ca/glossaire.html#PAVIS</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B6"><label>6</label><mixed-citation publication-type="webpage"><collab>CAC (Conseil des arts du Canada)</collab>. <year>2020</year>. <article-title>&#171; Fonds strat&#233;gie num&#233;rique. Accessibilit&#233; aux arts et engagement culturel des citoyens &#187;</article-title>. Consult&#233; le <day>24</day> <month>juillet</month> 2021. <uri>https://conseildesarts.ca/financement/fonds-strategiques/fonds-strategie-numerique/accessibilite-aux-arts-et-engagement-culturel-des-citoyens</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B7"><label>7</label><mixed-citation publication-type="webpage"><collab>CALQ (Conseil des arts et des lettres du Qu&#233;bec)</collab>. <year>2019</year>. <article-title>&#171; La diffusion des arts de la sc&#232;ne au Qu&#233;bec. Plan d&#8217;action 2019&#8211;2022 &#187;</article-title>. Consult&#233; le <day>24</day> <month>juillet</month> 2021. <uri>https://www.calq.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/2020/01/CALQ_Plan_action_2019-2022_VF_PAGES.pdf</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B8"><label>8</label><mixed-citation publication-type="journal"><string-name><surname>Calv&#232;s</surname>, <given-names>Anne-Emmanu&#232;le</given-names></string-name>. <year>2009</year>. <article-title>&#171; &#171;Empowerment&#187; : g&#233;n&#233;alogie d&#8217;un concept cl&#233; du discours contemporain sur le d&#233;veloppement &#187;</article-title>. <source>Revue Tiers Monde</source>, <volume>200</volume> (<issue>4</issue>) : <fpage>735</fpage>&#8211;<lpage>749</lpage>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.3917/rtm.200.0735</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B9"><label>9</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Casemajor</surname>, <given-names>Nathalie</given-names></string-name>, <string-name><given-names>&#200;ve</given-names> <surname>Lamoureux</surname></string-name>, et <string-name><given-names>Dani&#232;le</given-names> <surname>Racine</surname></string-name>. <year>2015</year>. <chapter-title>&#171; Art participatif et m&#233;diation culturelle. Typologie et enjeux des pratiques &#187;</chapter-title>. Dans <source>Les mondes de la m&#233;diation culturelle. Approches de la m&#233;diation</source>, sous la direction de <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Camart</surname></string-name>, <string-name><given-names>Fran&#231;ois</given-names> <surname>Mairesse</surname></string-name>, <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Pr&#233;vost-Thomas</surname></string-name>, et <string-name><given-names>Pauline</given-names> <surname>Vessely</surname></string-name>, <volume>1</volume> : <fpage>171</fpage>&#8211;<lpage>184</lpage>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>L&#8217;Harmattan</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B10"><label>10</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Caune</surname>, <given-names>Jean</given-names></string-name>. <year>2006</year>. <source>La d&#233;mocratisation culturelle, une m&#233;diation &#224; bout de souffle</source>. <publisher-loc>Grenoble</publisher-loc> : <publisher-name>Presses universitaires de Grenoble</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B11"><label>11</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Culler</surname>, <given-names>Jonathan</given-names></string-name>. <year>1980</year>. <chapter-title>&#171; Prolegomena to a Theory of Reading &#187;</chapter-title>. Dans <source>The Reader in the Text. Essays on Audience and Interpretation</source>, sous la direction de <string-name><given-names>Susan Rubin</given-names> <surname>Suleiman</surname></string-name> et <string-name><given-names>Inge</given-names> <surname>Crosman</surname></string-name>, <fpage>44</fpage>&#8211;<lpage>66</lpage>. <publisher-loc>Princeton</publisher-loc> : <publisher-name>Princeton University Press</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B12"><label>12</label><mixed-citation publication-type="journal"><string-name><surname>Derbas Thibodeau</surname>, <given-names>Fran&#231;ois R.</given-names></string-name>, et <string-name><given-names>Christian</given-names> <surname>Poirier</surname></string-name>. <year>2019</year>. <article-title>&#171; Biblioth&#232;ques publiques et virage citoyen : enjeux institutionnels et communicationnels &#187;</article-title>. <source>Communiquer</source>, n&#176; <issue>26</issue> : <fpage>47</fpage>&#8211;<lpage>66</lpage>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.4000/communiquer.4385</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B13"><label>13</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Fish</surname>, <given-names>Stanley</given-names></string-name>. <year>1980</year>. <chapter-title>&#171; Literature in the Reader : Affective Stylistics &#187;</chapter-title>. Dans <source>Reader-Response Criticism : From Formalism to Post-Structuralism</source>, sous la direction de <string-name><given-names>Jane</given-names> <surname>Tompkins</surname></string-name>. <publisher-loc>Baltimore</publisher-loc> : <publisher-name>John Hopkins University Press</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B14"><label>14</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Freire</surname>, <given-names>Paulo</given-names></string-name>. <year>1974</year>. <chapter-title><italic>P&#233;dagogie des opprim&#233;s</italic> suivi de <italic>Conscientisation et R&#233;volution</italic></chapter-title>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>Fran&#231;ois Maspero</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B15"><label>15</label><mixed-citation publication-type="webpage"><collab>ICASC (International Center of Art for Social Change)</collab>. <year>2021</year>. <article-title>&#171; What is Art for Social Change? &#187;</article-title>. Consult&#233; le <day>24</day> <month>juillet</month>. <uri>https://icasc.ca/what-is-art-for-social-change/</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B16"><label>16</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Idjeraoui-Ravez</surname>, <given-names>Linda</given-names></string-name>. <year>2017</year>. <chapter-title>&#171; M&#233;diation culturelle, NTIC et mus&#233;ologie : valeur de lien, valeur d&#8217;usage, valeur d&#8217;exp&#233;rience &#187;</chapter-title>. Dans <source>M&#233;tamorphoses num&#233;riques : art, culture et communication</source>, sous la direction de <string-name><given-names>Maud</given-names> <surname>P&#233;lissier</surname></string-name> et <string-name><given-names>Nicolas</given-names> <surname>P&#233;lissier</surname></string-name>, <fpage>35</fpage>&#8211;<lpage>47</lpage>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>L&#8217;Harmattan</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B17"><label>17</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Jauss</surname>, <given-names>Hans Robert</given-names></string-name>. <year>1990 (1978)</year>. <source>Pour une esth&#233;tique de la r&#233;ception</source>. Traduit par <string-name><given-names>Claude</given-names> <surname>Maillard</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>Gallimard</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B18"><label>18</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Kennedy</surname>, <given-names>Dennis</given-names></string-name>. <year>2009</year>. <source>The Spectator and the Spectacle : Audiences in Modernity and Postmodernity</source>. <publisher-loc>Cambridge</publisher-loc> : <publisher-name>Cambridge University Press</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B19"><label>19</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Lafortune</surname>, <given-names>Jean-Marie</given-names></string-name>. <year>2015</year>. <chapter-title>&#171; Les enjeux de l&#8217;appropriation et de la transmission culturelle dans les dispositifs de m&#233;diation culturelle au Qu&#233;bec &#187;</chapter-title>. Dans <source>Les mondes de la m&#233;diation culturelle. Approches de la m&#233;diation</source>, sous la direction de <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Camart</surname></string-name>, <string-name><given-names>Fran&#231;ois</given-names> <surname>Mairesse</surname></string-name>, <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Pr&#233;vost-Thomas</surname></string-name>, et <string-name><given-names>Pauline</given-names> <surname>Vessely</surname></string-name>, <volume>1</volume> : <fpage>141</fpage>&#8211;<lpage>153</lpage>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>L&#8217;Harmattan</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B20"><label>20</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Lafortune</surname>, <given-names>Jean-Marie</given-names></string-name>. <year>2017</year>. <chapter-title>&#171; (D&#233;)politisation de la culture et transformation des modes d&#8217;intervention &#187;</chapter-title>. Dans <source>Exp&#233;riences critiques de la m&#233;diation culturelle</source>, sous la direction de <string-name><given-names>Nathalie</given-names> <surname>Casemajor</surname></string-name>, <string-name><given-names>Marcelle</given-names> <surname>Dub&#233;</surname></string-name>, <string-name><given-names>Jean-Marie</given-names> <surname>Lafortune</surname></string-name>, et <string-name><given-names>&#200;ve</given-names> <surname>Lamoureux</surname></string-name>, <fpage>33</fpage>&#8211;<lpage>56</lpage>. <publisher-loc>Qu&#233;bec, QC</publisher-loc> : <publisher-name>Presses de l&#8217;Universit&#233; de Laval</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B21"><label>21</label><mixed-citation publication-type="webpage"><string-name><surname>Lapointe</surname>, <given-names>Marie-Claude</given-names></string-name>, <string-name><given-names>Herv&#233;</given-names> <surname>Guay</surname></string-name>, <string-name><given-names>Marie-Chantal</given-names> <surname>Falardeau</surname></string-name>, <string-name><given-names>Marie-Claude</given-names> <surname>Larouche</surname></string-name>, <string-name><given-names>Marie</given-names> <surname>Beaulieu</surname></string-name>, <string-name><given-names>Sara</given-names> <surname>Thibault</surname></string-name>, <string-name><given-names>Louis Patrick</given-names> <surname>Leroux</surname></string-name>, et <string-name><given-names>Morad</given-names> <surname>Jeldi</surname></string-name>. <year>2020</year>. <article-title>&#171; Enqu&#234;te quantitative sur les dispositifs de m&#233;diation num&#233;rique dans les arts de la sc&#232;ne au Qu&#233;bec &#187;</article-title>. <source>Animation, territoire et pratiques socioculturelles</source> <volume>17</volume> : <fpage>1</fpage>&#8211;<lpage>14</lpage>. <uri>https://edition.uqam.ca/atps/article/view/640</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B22"><label>22</label><mixed-citation publication-type="webpage"><string-name><surname>Larouche</surname>, <given-names>Marie-Claude</given-names></string-name>, <string-name><given-names>Jean-Fran&#231;ois</given-names> <surname>Palomino</surname></string-name>, <string-name><given-names>Alexandre</given-names> <surname>Lanoix</surname></string-name>, <string-name><given-names>Denis</given-names> <surname>Simard</surname></string-name>, <string-name><given-names>Katryne</given-names> <surname>Ouellet</surname></string-name>, et <string-name><given-names>S&#233;bastien</given-names> <surname>Gaudet-Boulay</surname></string-name>. <year>2019</year>. <chapter-title>&#171; M&#233;diation culturelle num&#233;rique et valorisation de documents patrimoniaux en classe d&#8217;histoire nationale &#187;</chapter-title>. Communication pr&#233;sent&#233;e au colloque La m&#233;diation culturelle num&#233;rique et ses dispositifs, au prisme des disciplines et des publics, <publisher-name>ACFAS, Universit&#233; du Qu&#233;bec en Outaouais</publisher-name>, <publisher-loc>Gatineau</publisher-loc>, <day>31</day> <month>mai</month>. <uri>https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/87/600/614/c</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B23"><label>23</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Martel</surname>, <given-names>Marie D.</given-names></string-name> <year>2015</year>. <chapter-title>&#171; Trois g&#233;n&#233;rations de tiers lieux en Am&#233;rique du Nord &#187;</chapter-title>. Dans <source>Biblioth&#232;ques troisi&#232;me lieu</source>, sous la direction <string-name><surname>d&#8217;Amandine</surname> <given-names>Jacquet</given-names></string-name>, <fpage>99</fpage>&#8211;<lpage>112</lpage>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>Association des biblioth&#233;caires de France (ABF)</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B24"><label>24</label><mixed-citation publication-type="journal"><string-name><surname>Martel</surname>, <given-names>Marie D.</given-names></string-name> <year>2017</year>. <article-title>&#171; Le design du &#171;care&#187; en biblioth&#232;que : du tiers lieu au lieu d&#8217;inclusion sociale &#187;</article-title>, <source>I2D &#8211; Information, donn&#233;es &amp; documents</source>, <volume>54</volume> (<issue>1</issue>) : <fpage>52</fpage>&#8211;<lpage>54</lpage>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.3917/i2d.171.0052</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B25"><label>25</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>McConachie</surname>, <given-names>Bruce</given-names></string-name>. <year>2008</year>. <source>Engaging Audiences. A Cognitive Approach to Spectating in Theatre</source>. <publisher-loc>New York, NY</publisher-loc> : <publisher-name>Palgrave Macmillan</publisher-name>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.1057/9780230617025</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B26"><label>26</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Mervant-Roux</surname>, <given-names>Marie-Madeleine</given-names></string-name>. <year>1998</year>. <source>L&#8217;assise du th&#233;&#226;tre. Pour une &#233;tude du spectateur</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>&#201;ditions du CNRS</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B27"><label>27</label><mixed-citation publication-type="webpage"><collab>Minist&#232;re de la culture et des communications du Qu&#233;bec</collab>. <year>2014</year>. <article-title>&#171; Plan culturel num&#233;rique du Qu&#233;bec &#187;</article-title>. Consult&#233; le <day>26</day> <month>juillet</month> 2021. <uri>http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B28"><label>28</label><mixed-citation publication-type="webpage"><collab>Minist&#232;re de l&#8217;&#233;ducation et de l&#8217;enseignement sup&#233;rieur du Qu&#233;bec</collab>. <year>2018</year>. <article-title>&#171; Plan d&#8217;action num&#233;rique en &#233;ducation et en enseignement sup&#233;rieur &#187;</article-title>. Consult&#233; le <day>26</day> <month>juillet</month> 2021. <uri>http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/ministere/PAN_Plan_action_VF.pdf</uri>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B29"><label>29</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Moser</surname>, <given-names>Caroline O. N.</given-names></string-name> <year>1993</year>. <source>Gender Planning and Development : Theory, Practice and Training</source>. <publisher-loc>Angleterre</publisher-loc> : <publisher-name>Routledge</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B30"><label>30</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Narayan-Parker</surname>, <given-names>Deepa</given-names></string-name>. <year>2002</year>. <source>Empowerment and Poverty Reduction : A Sourcebook</source>. <publisher-loc>Washington, DC</publisher-loc> : <publisher-name>World Bank Publications</publisher-name>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.1596/0-8213-5166-4</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B31"><label>31</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>P&#233;quignot</surname>, <given-names>Bruno</given-names></string-name>. <year>2015</year>. <chapter-title>&#171; Sociologie des arts et de la culture et m&#233;diation culturelle &#187;</chapter-title>. Dans <source>Les mondes de la m&#233;diation culturelle. Approches de la m&#233;diation</source>, sous la direction de <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Camart</surname></string-name>, <string-name><given-names>Fran&#231;ois</given-names> <surname>Mairesse</surname></string-name>, <string-name><given-names>C&#233;cile</given-names> <surname>Pr&#233;vost-Thomas</surname></string-name>, et <string-name><given-names>Pauline</given-names> <surname>Vessely</surname></string-name>, <volume>1</volume> : <fpage>15</fpage>&#8211;<lpage>27</lpage>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>L&#8217;Harmattan</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B32"><label>32</label><mixed-citation publication-type="journal"><string-name><surname>Peyrin</surname>, <given-names>Aur&#233;lie</given-names></string-name>. <year>2012</year>. <article-title>&#171; Les paradoxes de la m&#233;diation culturelle dans les mus&#233;es &#187;</article-title>. <source>Informations sociales</source> n&#176; <volume>170</volume> (<issue>2</issue>) : <fpage>62</fpage>&#8211;<lpage>65</lpage>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.3917/inso.170.0062</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B33"><label>33</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Ranci&#232;re</surname>, <given-names>Jacques</given-names></string-name>. <year>2000</year>. <source>Le partage du sensible</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>La Fabrique</publisher-name>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.3917/lafab.ranci.2000.01</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B34"><label>34</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Ranci&#232;re</surname>, <given-names>Jacques</given-names></string-name>. <year>2004</year>. <source>Malaise dans l&#8217;esth&#233;tique</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>Galil&#233;e</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B35"><label>35</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Raynal</surname>, <given-names>Fran&#231;oise</given-names></string-name>, et <string-name><given-names>Alain</given-names> <surname>Rieunier</surname></string-name>. <year>2010</year>. <source>P&#233;dagogie, dictionnaire des concepts cl&#233;s : apprentissages, formation, psychologie cognitive</source>, <edition>8</edition><sup>e</sup> &#233;d. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>ESF &#201;diteur</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B36"><label>36</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Romilly</surname>, <given-names>Jacqueline de</given-names></string-name>. <year>1970</year>. <source>La trag&#233;die grecque</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>Presses universitaires de France</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B37"><label>37</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Spiegel</surname>, <given-names>Jennifer B.</given-names></string-name> <year>2016</year>. <chapter-title>&#171; Singular Bodies, Collective Dreams : Socially Engaged Circus Arts in the &#8220;Quebec Spring&#8221; &#187;</chapter-title>. Dans <source>Cirque Global. Quebec&#8217;s Expanding Circus Boundaries</source>, sous la direction de <string-name><given-names>Louis Patrick</given-names> <surname>Leroux</surname></string-name> et <string-name><given-names>Charles R.</given-names> <surname>Batson</surname></string-name>, <fpage>266</fpage>&#8211;<lpage>283</lpage>. <publisher-loc>Montr&#233;al</publisher-loc> : <publisher-name>McGill Queen&#8217;s University Press</publisher-name>. DOI: <pub-id pub-id-type="doi">10.2307/j.ctt1c99c0h.21</pub-id></mixed-citation></ref>
<ref id="B38"><label>38</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Thoret</surname>, <given-names>Yves</given-names></string-name>. <year>1993</year>. <source>La th&#233;&#226;tralit&#233;. &#201;tude freudienne</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>Dunod</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B39"><label>39</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Vernant</surname>, <given-names>Jean-Pierre</given-names></string-name>, et <string-name><given-names>Pierre</given-names> <surname>Vidal-Niquet</surname></string-name>. <year>1972</year>. <source>Mythe et trag&#233;die en Gr&#232;ce ancienne</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc> : <publisher-name>La D&#233;couverte</publisher-name>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B40"><label>40</label><mixed-citation publication-type="webpage"><collab>Ville de Montr&#233;al</collab>. <year>2019</year>. <article-title>&#171; M&#233;diations culturelles MTL. Programme de soutien financier et d&#8217;accompagnement 2019-2020</article-title> <uri>https://montreal.mediationculturelle.org/wp-content/uploads/2020/11/Rencontre_publique_MediationsculturellesMTL_2021-2022.pptx-1.pdf</uri>.</mixed-citation></ref>
</ref-list>
</back>
</article>